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Cosmétiques : la nature a bon dos

janvier - février 2003 - n° 39

Le sommaire

Débat : Le lait est-il ou non bon pour la santé ?

Bio-portrait : Le jardin de Johanna

Rencontre : un ostéopathe

Viticulture industrielle génétiquement modifiée ou viticulture paysanne ?

Initiative : l'autonomie comme mode de vie

Végétal : Bien de chez nous : les choux

Dossier : les cosmétiques

Initiative : Pour un Gabas Vivant, non au barrage d'Eslourenties.

Interview de Boris Cyrulnik

Société : L'obscurantisme monétaire, un principe bien entretenu

Semences Paysannes

 

L'année 2003 risque d'être une année charnière : les enjeux environnementaux et humains sont tels qu'ils semblent placer l'humanité à une croisée déterminante de son histoire. Cette sensation est peut-être due à la pression croissante de la mondialisation libérale sur notre mode de vie. L'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), sans doute échaudée par ses échecs successifs, semble en effet accélérer le mouvement sur tous les fronts. Et à ce propos, l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), actuellement en cours de négociation, n'est certes pas à ignorer. Ces négociations, rappelons-le, visent à libéraliser à terme, des secteurs aussi sensibles que l'eau, l'énergie, les transports, mais aussi la culture, l'éducation ou la santé. Le tout passerait bien sûr par le démantèlement de nos acquis sociaux... Sachant que les engagements pris par les pays auront, selon les règles internes à l'OMC, un caractère irréversible, on comprend que nos parlementaires n'ont le droit ni à l'erreur, ni à la négligence dans une partie qui se jouera fin mars.

De même, c'est à la pression de l'OMC que l'on doit les nouveaux accords des Quinze sur la législation concernant l'étiquetage et la traçabilité des OGM, dont l'Europe est en passe de se doter. Car les USA et le Canada sont pressés d'envahir le marché européen avec leurs organismes " améliorés ", qui occasionnent pourtant chez eux une suite de catastrophes en chaîne tant environnementales...que financières ! Mais les firmes des biotechnologies ont trop investi pour faire machine arrière : l'heure est venue pour elles de passer au tiroir caisse. Et les consommateurs européens, pourtant peu enclins à consommer des OGM, en feront les frais, bon gré, mal gré ! Certains, au nom de la traçabilité, se réjouissent de voir étiquetés les produits contenant plus de 0, 9% de composés transgéniques : c'est faire peu de cas des conséquences aliénantes du petit pourcentage toléré... Cette quantité bénigne cachera mal, dans quelques années, les surfaces de cultures contaminées irréversiblement par les OGM(1). La bio, on le sait, ne pourra pas supporter longtemps une telle cohabitation. Mais que l'on se rassure, cette emprise croissante des OGM sur notre alimentation, notre environnement, et notre santé se fait avec la bénédiction des Académies des Sciences et de la Médecine ! Pour autant, au cas où elles se tromperaient et que les pollutions génétiques occasionnent les dégâts écologiques et sanitaires que l'on craint, personne ne pourra en être tenu responsable. Ni les firmes, ni les scientifiques qui les auront soutenus !

Tout à l'heure, nous parlions de croisées importantes sur le chemin de l'Humanité... Tandis que des décisions majeures se prennent trop souvent sans l'assentiment des populations, n'entendez-vous pas monter les voix de Seattle, Gênes, Porto Allegre ou Florence ? Les clameurs d'une autre mondialisation s'amplifient : parviendront-elles à stopper l'AGCS comme elles l'ont fait avec l'AMI (2) ? Parviendront-elles à obtenir le maintien du moratoire sur les OGM ? Eviteront-elles que les portes de la répression ne se referment sur José, René et les autres ? C'est notre vœu le plus cher pour 2003.

1) Pour mémoire, rappelons nous l'étude de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire et Alimentaire) révélant que 41% du maïs français présentait des traces de transgènes, alors que seulement 34 hectares de maïs OGM avaient été plantés.
2) L' Accord Multilatéral sur l'Investissement, un accord de libre échange du même type que l'actuel AGCS.

 






Nelly Pégeault
Rédactrice en chef de la revue

Nature & Progrès, c’est aussi un magazine depuis 1964. Tous les deux mois, le point y est fait sur l’actualité de l’agriculture et de l’alimentation bio. Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire,incinération...), bio-construction, et des nouvelles brèves sur l’agriculture, le monde rural, le jardinage, l’alimentation et la distribution en font un précieux outil d’information sur le monde de l’agrobiologie. Ce magazine se veut engagé dans une réflexion globale sur la mondialisation, le commerce équitable, la décroissance. Enfin grâce aux rubriques courrier, calendrier des foires, colloques, il est un carrefour important de communication autant que d’information. Tiré à 5 000 exemplaires, il est principalement diffusé par abonnement.

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