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Forêts : entre bien commun et intérêts privés

avril - mai 2006 - n° 57

Le sommaire

En question : l'écobilan du papier recyclé est-il positif ?

Info bio : l'Europe veut-elle la peau de la bio ?

Ecologie : précieux insectes, indicateurs de santé des biotopes

Dossier : Moabi, arbre de vie ou de profit ?

Achat de bois : quelle certification privilégier ?

Dossier : pour une gestion paysanne des milieux boisés

Dossier : se chauffer en préservant la forêt, l'exemple de Mosset

Végétal : les fèves

Jardinage

Agenda

Petites annonces

 

Depuis quelques temps, des évènements à priori étrangers se succèdent, qui forment, les uns avec les autres, une sorte de goulot d'étranglement où les choses s'accélèrent dangereusement. Au cœur de ce cyclone libéral, la bio risque ses plus belles plumes…

D'abord, le nouveau projet de règlement sur l'agriculture biologique émanant de la Commission Européenne (voir page 34/35) : au prétexte de vouloir simplifier sa réglementation, il transforme la bio en clone de l'agriculture raisonnée. Le raccourci paraît brutal, mais que dire d'une bio où l'utilisation des produits naturels est seulement "préférée" à l'usage des produits chimiques de synthèse, et qui accepte, à hauteur de 0,9%, la contamination par des OGM ? Ce texte, dont l'application est prévue pour 2009, doit être validé dans la précipitation, avant juillet 2006.
Dans les mêmes conditions, c'est-à-dire sans concertation ni consultation, le gouvernement s'apprête à faire voter la transposition en droit français du texte de l'Union Européenne pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV) de 1991… Lequel permet d'imposer au paysan qui utilise les semences ou les plants issus de son champ une " Cotisation Volontaire Obligatoire " au profit des sélectionneurs et des obtenteurs. Une telle loi ne validerait pas seulement une sorte de "prime au brevet" pour les grands semenciers, elle anéantirait directement le droit fondateur de l'agriculture, celui des agriculteurs, à ressemer librement le grain récolté… Dans une lettre ouverte aux élus, le scientifique Jean-Pierre Berlan s'insurge : "En somme, le gouvernement demande au législateur de créer un privilège sur la reproduction des êtres vivants. Contre l'intérêt public. Contre celui des agriculteurs. Au profit de producteurs de poisons. Au nom du libéralisme !" (voir son courrier page 6). Il a raison. Devrons-nous assister ainsi, benoîtement, au baroud d'honneur de la gratuité du vivant ?
Enfin, il y a cet autre projet de loi du gouvernement, celui sur la coexistence avec les OGM qui est débattu ce printemps. Il s'agit là encore d'adapter des directives européennes au droit français. Au prétexte d'éviter les risques de " neutralisation citoyennes ", les lieux de plantation d'OGM pourraient n'être pas rendus publics. Si un agriculteur dont la récolte est contaminée a " la chance " d'avoir un voisin ayant déclaré la même année une culture d'OGM de la même espèce, il pourra prétendre à une indemnisation… sur la seule base de la différence de prix entre une récolte OGM et une récolte non OGM ! Et tant pis pour la perte de notoriété et de confiance de sa clientèle, ou celle, définitive, des variétés locales qu'il conservait. Tant pis aussi pour la contamination durable de son sol… Et s'il a été contaminé par des repousses issues de contaminations des années précédentes, il n'aura aucune indemnisation : ne sera-t-il pas alors tenté de camoufler la contamination ?
En parallèle, un récent sondage BVA réalisé pour "Agir Pour l'Environnement" montre pourtant que 85 % des français veulent que les labels de qualité soient strictement sans OGM et 78 % souhaitent une interdiction temporaire de la culture des plantes transgéniques.
Face à un tel déni de démocratie, nous devons nous mobiliser pour que l'ombre "Monsantuesque" ne parvienne à nous boucher notre horizon… Il nous reste quelques mois pour la faire reculer.

Afin de ne pas conclure sur cette note quelque peu "urgentiste", vous trouverez dans ce numéro de quoi ressourcer vos meilleures énergies. Car à travers les différents articles qui vous sont proposés, c'est bien l'efficacité des ONG mobilisées sur la question des forêts qui demeure. Les Amis de la Terre, Agir ici, Greenpeace ou le WWF font en effet un travail remarquable pour responsabiliser l'achat de bois à tous les niveaux, afin d'amoindrir la déforestation et faire reconnaître les droits des peuples autochtones. Ils obtiennent des résultats encourageants. Comme quoi, tous ces combats ne sont décidément pas vains…

 






Nelly Pegeault
Rédactrice en chef

Nature & Progrès, c’est aussi un magazine depuis 1964. Tous les deux mois, le point y est fait sur l’actualité de l’agriculture et de l’alimentation bio. Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire,incinération...), bio-construction, et des nouvelles brèves sur l’agriculture, le monde rural, le jardinage, l’alimentation et la distribution en font un précieux outil d’information sur le monde de l’agrobiologie. Ce magazine se veut engagé dans une réflexion globale sur la mondialisation, le commerce équitable, la décroissance. Enfin grâce aux rubriques courrier, calendrier des foires, colloques, il est un carrefour important de communication autant que d’information. Tiré à 5 000 exemplaires, il est principalement diffusé par abonnement, ainsi que par un système de dépôt-vente (> voir les modalités).

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