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Quel avenir pour la bio dans une société sous contrôle ?

juin - août 2006 - n° 58

Le sommaire

En question : la dérive sécuritaire, l'exemple de la loi sur l'égalité des chances

Dossier : ne laissez pas les machines jouer avec les enfants

Dossier : les nanotechnologies au service du mouchardage électronique

Bio : les contrôles participatifs, un moyen de maintenir les petites structures dans la bio européenne

Dossier : projet d'aménagement citoyen de circuits de distribution

Dossier : contrôle et certification en AB ou comment tuer la bio de proximité ?

Dossier : Ecovida, le réseau qui démocratise la bio au Brésil

Végétal : la rhubarbe, mais laquelle ?

Jardinage

Agenda

 

Bienvenu(e) au pays des droits de Lhomme ! Sans apostrophe. Car c'est de Stéphane Lhomme, le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire dont il est question ici. Il a en effet été interpellé le 16 mai dernier par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) à laquelle il doit quelque 15 heures de garde-à-vue au Commissariat central de Bordeaux. Après une perquisition à son domicile, et la saisie de quelques objets personnels (ordinateurs, téléphone etc.) il a été relâché. Le motif de cette interpellation ? La détention d'un document classé "Confidentiel Défense" qui démontre la vulnérabilité de l'EPR en cas de crash suicide d'un avion de ligne sur ce réacteur nucléaire. L'affaire est entre les mains de la section anti-terroriste du Parquet de Paris. Quand la loi permet de traiter en terroristes ceux qui alertent leurs concitoyens des dangers connus -mais gardés secrets - de certaines technologies qu'on s'apprête à développer, il y a péril en la demeure. Dans cette logique, la détention d'un document "secret industriel" concernant des analyses d'OGM vaudra-t-elle, un jour, la mise en garde-à-vue de scientifiques cherchant à nous alerter sur le danger de consommer ces OGM ? S'agit-il ici de préserver notre sécurité ? Ou de sécuriser, au contraire, les informations qui seraient susceptibles d'éclairer les menaces qui pèsent sur nous ? La sûreté a bon dos, qui justifie, touche après touche, pernicieusement, ces atteintes à nos libertés et à la vie. La bio n'échappe pas à cette dérive sécuritaire. Les normes et les contrôles ont fini par la rattraper au point que son principe même, le respect du vivant, est dangereusement malmené, notamment à travers le nouveau projet de règlement proposé par la Commission européenne, qui prétend simplifier la bio en détruisant simplement… ses fondements ! Le propos de l'agriculture biologique est de répondre à un besoin de cohérence de l'homme vis-à-vis de son environnement, qui ne supporte ni l'industrialisation, ni l'automatisation à outrance, et encore moins l'aseptisation qu'elles engendrent. C'est pourtant vers cela qu'on souhaiterait la faire dévier. Mais à quel équilibre écologique peuvent prétendre les élevages ou exploitations pour l'agro industrie, mêmes bio ? La bio c'est le contraire de cette uniformisation qui alimente la guerre économique dans laquelle l'Europe veut la faire rentrer. Dans cette course au développement, les petites structures diversifiées, qui sont l'âme même de la bio, n'arrivent plus à suivre les normes qu'on exige d'elles. Et pour cause, ces règlements sont pensés et adaptés justement pour la seule industrie ! Le marché orchestre ainsi, de plus en plus, tous les secteurs de notre vie. C'est le sujet de cette revue de montrer comment une même obsession - marchande - parvient à "encadrer" le vivant sous toutes ses formes. Comment, au nom de ce projet, les lois, les règlements, de glissements en dérapages, finissent par nous enfermer dans une société dangereusement orwellienne. La bio est de plus en plus surveillée, contrôlée, et elle n'est pas seule à subir ce genre d'assauts. Dans ces pages, vous découvrirez sous la plume de Gilles Sainati, membre du Syndicat de la magistrature, une lecture "entre les lignes" de la fameuse loi sur l'égalité des chances (pages 10/11). Nouvelle brèche dans la séparation des pouvoirs, le maire devient shérif, l'arbitraire n'est plus à nos portes, il est entré dans nos institutions. Et ce n'est pas l'analyse produite par l'Association Nationale des Assistants de service Social (Anas) sur le projet de loi visant à lever le secret professionnel des personnels des services sociaux et de santé (pages 12/13) qui peut nous rassurer… Sans compter l'inquiétante émergence de nouvelles technologies - biométrie, flicage électronique (pages 14 à 15 et 18 à 21) -, elles aussi présentées comme des avancées aptes à nous prémunir de dangers "hypothétiques", et qui offrent les outils sophistiqués du nouveau totalitarisme. Dans cette société qui voudrait nous enfermer dans la peur de l'autre et de tout ce qui vit, restaurer l'image aventureuse, l'apprivoisement de l'inconnu comme source incontournable d'enrichissement, devient une philosophie de résistance vivifiante. L'échange, source de biodiversité, n'est-il pas le principe même de la vie ? Tout le contraire de la norme, de l'uniformisation, du carcan dans lequel le marché, ce dictateur coriace, voudrait nous faire entrer, bien que son projet porte en lui le germe même de sa propre perte : la stérilité. Avec les systèmes participatifs de garantie (pages 28 à 33), Nature & Progrès propose de construire l'alternative, dans ou hors du marché et quelles que soient les évolutions réglementaires… Il en va ainsi de tout système vivant : si les obstacles peuvent sembler l'affaiblir ponctuellement, ils n'aboutissent à terme qu'à le rendre plus fort, plus ingénieux, plus… résistant !

 






Nelly Pegeault
Rédactrice en chef

Nature & Progrès, c’est aussi un magazine depuis 1964. Tous les deux mois, le point y est fait sur l’actualité de l’agriculture et de l’alimentation bio. Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire,incinération...), bio-construction, et des nouvelles brèves sur l’agriculture, le monde rural, le jardinage, l’alimentation et la distribution en font un précieux outil d’information sur le monde de l’agrobiologie. Ce magazine se veut engagé dans une réflexion globale sur la mondialisation, le commerce équitable, la décroissance. Enfin grâce aux rubriques courrier, calendrier des foires, colloques, il est un carrefour important de communication autant que d’information. Tiré à 5 000 exemplaires, il est principalement diffusé par abonnement, ainsi que par un système de dépôt-vente (> voir les modalités).

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