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Agrocarburants, faux amis de l'écologie ?

juin - août 2007 - n° 63

Le sommaire

Opinion : des OGM à l'agroécologie

Actualité : quand la FAO voit l'avenir en bio

Dossier : "bio"carburants, conduire ou nourrir, il faut choisir...

Dossier : le jatropha, un contre-exemple ?

Débat : le Bois Raméal Fragmenté en question

Réflexion : publicité et environnement

Initiative : l'observation des cétacés, des vacances écovolontaires

Végétal : la courgette

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Et nous voilà avec un Grenelle de l'environnement. Dit comme ça, ça impressionne ! Mal noté par l'Alliance pour la planète (8,5 /20) le candidat Sarkozy, telle la chenille se faisant papillon, se serait-il transformé en champion de l'écologie lors de sa métamorphose en président ? Jean-Luc Porquet du Canard enchaîné ne s'en laisse pas compter, qui rappelle que les plats de résistance, le nucléaire, les OGM et les autoroutes, ne figureront pas à la table des négociations. Pour une fois que la frugalité s'affiche, on devrait être contents ! Sauf qu'on ne l'attendait pas là.
Plus sérieusement, s'il ne peut être question de ces trois sujets majeurs, sur quoi travailler ? Sur la pollution généralisée, du champs à l'assiette, par les pesticides ? Avec Mme Lagarde à l'Agriculture, ces derniers, ni d'ailleurs les OGM, ne courent de grands risques : en désignant cette femme très proche des milieux d'affaires, notamment américains, Nicolas Sarkozy envoie un signe fort à l'agro-industrie pour laquelle il n'aurait pu trouver meilleur cerbère. Et à peine en service, aucun doute n'est permis sur sa véritable mission : tandis qu'Alain Juppé parle d'un moratoire sur le maïs transgénique Monsanto 810, seule plante OGM cultivée en France à des fins commerciales, Madame Lagarde tempère les ardeurs du Super Ministre en lui faisant savoir, par médias interposés, que sur cette question " Il est urgent d'attendre "…
Que reste-t-il ? La protection de la biodiversité ? Là aussi les dés sont pipés : son érosion n'est-elle pas principalement due à l'agriculture intensive qui a pour triste habitude d'éradiquer tout ce qui vit en dehors des monocultures ? Et il ne faut pas compter sur la prolifération des OGM dans nos champs pour inverser cette tendance : souvenons-nous en effet de l'étude produite en 2003 par la très sérieuse Royal Society anglaise et qui alertait Mr Blair sur les inquiétantes disparitions d'espèces végétales et animales observées dans les champs d'OGM… Si partout où les OGM passent, la biodiversité trépasse, nos amis écologistes qui participeront au Grenelle de l'Environnement en seront pour leurs frais.
Y aura-t-il quelque chose à sauver du côté du climat ? Du point de vue des économies d'énergie peut-être pourra-t-on grappiller quelques avancées. Mais si on ne touche ni à la voiture ni aux autoroutes, alors, cette concertation risque d'en décevoir plus d'un parmi les acteurs qu'elle aura sincèrement mobilisés…

Pour n'avoir pas encore mesuré le piège des "Bio"carburants, sujet du dossier de cette revue, le grand public et les agriculteurs conventionnels, comme beaucoup de politiques d'ailleurs, verront sûrement d'un œil satisfait et rassuré la priorité qui ne manquera pas d'être donnée au développement de ces diesels végétaux, présentés à tord comme les médecins de la fièvre planétaire. C'est ce risque que Christian Berdot évalue dans ces pages, et il n'est pas moindre. Pour autant, il ne faut pas "jeter le bébé avec l'eau du bain" : dans certains cas, nous le verrons, cette technologie peut présenter de réels avantages. Même réflexion concernant la technique du BRF, Bois Raméal Fragmenté, que nous avions présentée dans un précédant numéro . Comme l'analyse le pédologue Gérard Augé , "Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises techniques agronomiques, l'important est de les utiliser là où il faut et au bon moment"…

 






Nelly Pegeault
rédactrice en chef

Nature & Progrès, c’est aussi un magazine depuis 1964. Tous les deux mois, le point y est fait sur l’actualité de l’agriculture et de l’alimentation bio. Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire,incinération...), bio-construction, et des nouvelles brèves sur l’agriculture, le monde rural, le jardinage, l’alimentation et la distribution en font un précieux outil d’information sur le monde de l’agrobiologie. Ce magazine se veut engagé dans une réflexion globale sur la mondialisation, le commerce équitable, la décroissance. Enfin grâce aux rubriques courrier, calendrier des foires, colloques, il est un carrefour important de communication autant que d’information. Tiré à 5 000 exemplaires, il est principalement diffusé par abonnement, ainsi que par un système de dépôt-vente (> voir les modalités).

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