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Racines

avril - mai 2018 - n° 117

 

Les printemps vont-ils devenir silencieux et les campagnes des déserts ? C’est la question qui nous vient à la lecture des publications, le 20 mars dernier, par des scientifiques du MNHN1 et du CNRS2, des résultats de suivi des oiseaux sur le territoire français montrant leur disparition massive, proche de la catastrophe écologique. Constat difficilement discutable établi par des observations longues d’ornithologues professionnels et amateurs : les populations d’oiseaux se sont réduites d’un tiers en quinze ans ! L’écologue Vincent Brétagnolle (CNRS de Chizé) note que « les résultats des deux réseaux (MNHN et CNRS) coïncident largement » et observe une chute marquée des espèces spécialistes des plaines agricoles. Romain Juillard du MNHN s’alarme que des espèces communes, non spécialistes des écosystèmes agricoles, déclinent également.
Une fois de plus, le système agro-chimique est en cause. Les néonicotinoïdes en enrobage de semences ont, outre un effet ravageur sur les populations d’insectes, un impact direct sur les ressources alimentaires de nombreuses espèces d’oiseaux. Les scientifiques estiment à 70 % le lien de causalité avec leur disparition. À la 6ème session de la Plateforme IPBES3 (GIEC de la biodiversité), du 17 au 24 mars à Medellin en Colombie, 750 experts mondiaux ont évalué les dégâts sur la faune, la flore, les sols, la biodiversité auxquels la terre est confrontée, un constat sans appel, préconisant des solutions contre l’extinction massive de nombreuses espèces. « La dégradation des terres, l’érosion de la biodiversité et le changement climatique sont les trois aspects d’un même problème majeur : l’impact dramatiquement croissant de nos modes de vie sur la santé des écosystèmes. Nous ne pouvons plus nous permettre de lutter isolément contre ces trois menaces », a déclaré Robert Watson, président de l’IPBES, qui appelle à une réponse politique et citoyenne, locale et globale.
L’alerte a été donnée depuis longtemps mais l’économie et la vision à très court terme priment. Quel gâchis ! Ces désastres écologiques, agricoles et surtout semenciers avaient pourtant été anticipés. Vavilov l’avait fait. Ce célèbre botaniste russe, agronome et généticien, mort de faim en prison en URSS en 1943 pour s’être opposé aux théories de Lyssenko, tête de la politique agricole soviétique, avait parcouru le monde, récoltant des graines pour reconstituer et conserver le patrimoine végétal en cas de disparition de la biodiversité des plantes alimentaires. Son institut, temple de la diversité réunissant plus de trois cents mille variétés, aux moyens visiblement très limités et qui lutte pour sa survie, semble convoité par certains gros semenciers mondiaux. C’est la quatrième plus vaste collection de semences vivantes au monde, toutes bien triées, répertoriées, classées et cultivées régulièrement, à la main. Un travail de Titan. Mobilisons-nous pour que son avenir ne soit pas incertain et que des échanges s’instaurent très rapidement.
Les conclusions de l’IPBES indiquent la marche à suivre. Des actions locales aux politiques globales, de nombreuses solutions qui ont fait leurs preuves sont également avancées, par exemple l’abandon des techniques intensives comme la monoculture, le renouvellement des techniques agricoles protectrices des sols… À terme, le bénéfice de la préservation et de la restauration des terres serait dix fois supérieur aux coûts, et pourrait contribuer au maintien du réchauffement climatique sous la barre des 2° C. « Il s’agit désormais d’intégrer la biodiversité dans toutes les prises de décision, dans tous les secteurs de l’économie, et dans toutes les politiques publiques », affirme un des chercheurs, Jean-François Silvain. À Nature et Progrès, nous applaudissons des deux mains à la lecture de ces conclusions mais nous disons chiche et vite ! Considérons la Nature non pas comme une ressource à notre service, mais comme un bien commun.
 

 






Eliane Anglaret
Présidente de Nature & Progrès

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