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OGM : où en est-on ?

septembre - octobre 2018 - n° 119

 

Après un été caniculaire, avec nos interrogations sur l’avenir du climat et ses conséquences sur l’Humanité et la Planète, nous avons malgré tout quelques raisons d’espérer : récemment, notre liberté de refuser la culture et la consommation d’OGM et notre droit de vivre dans un environnement sain ont été confortés par deux décisions de justice qui nous font chaud au cœur. En effet, le 25 juillet 2018, la cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) confirmait que les nouveaux OGM, issus de nouvelles techniques de modifications du génome, doivent être réglementés comme des OGM, c'est-à-dire entrer dans le champ d’application de la directive européenne 2001/18. Depuis plusieurs années, ces « OGM cachés » sont cultivés en Europe et bien évidemment en France. Il s’agit principalement de colzas et de tournesols dont le génome a été modifié pour les rendre tolérants à certains herbicides. Ces variétés, dites VrTH, sont de véritables éponges à pesticides, faites pour survivre aux pulvérisations d’herbicides qu’elles absorbent. Jusqu’alors, elles échappaient à toute évaluation de leurs conséquences sur la santé ou l’environnement, à toute obligation d’étiquetage et d’informations pour les utilisateurs et les consommateurs. Les démarches avaient été entreprises depuis plusieurs années par neuf organisations de « l’Appel de Poitiers » (1). En février 2015, celles-ci avaient décidé d’engager un recours juridique auprès du Conseil d’Etat Français en vue d’obtenir un moratoire sur la culture et la commercialisation des VrTH. En septembre 2016, le Conseil d’Etat avait renvoyé le dossier devant la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE). Elle a tranché et reconnu le statut d’OGM de toutes les plantes issues de ces procédés non naturels de modification génétique in vitro. Cette décision aura sans doute des retentissements au niveau européen, c’est une victoire pour les anti-OGM mais il y a, bien sûr, des réactions et des oppositions à cette décision. Le tapis rouge jusque-là déroulé aux industriels semenciers en ressort quelque peu défraîchi. La deuxième décision nous vient de la justice californienne qui a condamné, le 10 août 2018, le géant de l’agrochimie Monsanto à verser 289 millions de dollars (248 millions d’euros) à un jardinier américain, Dewayne Lee Johnson. Agé de 46 ans, ce jardinier est atteint de ce mal du XXI° siècle, un cancer du système lymphatique, en phase terminale, qu’il attribue à son exposition à des herbicides commercialisés par la firme agrochimique contenant du glyphosate. Mr Johnson avait attaqué Monsanto en 2016. Après presque un mois d’exposés contradictoires par les experts, avec d’un côté les avocats du plaignant, et de l’autre ceux de Monsanto, abordant des questions scientifiques complexes sur les mécanismes d’action du glyphosate, les jurés ont considéré que les produits visés par la plainte n’étaient pas aussi sûrs qu’annoncés par la firme et qu’elle avait failli à informer ses clients des risques encourus. Des documents internes à l’entreprise, obtenus par les avocats de Mr Johnson (Monsanto Papers !), ont joué un rôle prépondérant et infléchi la décision. Le glyphosate, tombé dans le domaine public depuis le début des années 2000, est le pesticide le plus utilisé au monde. Au centre de nombreuses polémiques, en particulier en Europe, il a été ré-autorisé début 2018, pour 5 ans encore. Ces deux jugements historiques sont susceptibles de peser sur l’évolution de l’agriculture mondiale. Derrière Mr Johnson, il y a des milliers d’autres plaignants. Un de ses avocats a déclaré : « c’est une grande victoire pour la santé humaine ». Ce verdict, qui nous réjouit, fera sans doute jurisprudence. Monsanto, fabricant du tristement célèbre agent orange, le défoliant utilisé par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam, a immédiatement annoncé son intention de faire appel. A Nature et Progrès, nous sommes bien conscients que ces deux décisions de justice ne vont pas révolutionner les pratiques agricoles immédiatement, ni réduire au silence les firmes mondiales agrochimiques et semencières, mais elles sont une petite bouffée d’air dans notre militantisme pour une agriculture et une alimentation respectant les systèmes vivants, les humains et la planète.
1- https://www.appeldepoitiers.org/
 

 






Eliane Anglaret
présidente de Nature & Progrès

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