nature et progrès ?

professionnels

associations

à la une ... archives ... Lire des extraits ... abonnement

la revue N&P

la librairie

l’agenda

l’actualité

liens utiles

contact

 

 

 

 

Elevage et biodiversité

avril - mai 2015 - n° 102

 

Vers la moitié du XXe siècle, avec le développement de la mécanisation de l'agriculture et des productions animales "industrialisées", les races ont été sélectionnées pour leur productivité en viande ou en lait et au nom du profit, mais pas du tout dans une vision de mixité. Échappant aux paysans, la sélection suivit cette seule orientation sans aucune considération pour la biodiversité. De ce fait, les races rustiques ont vu leurs effectifs chuter, voire s'éteindre pour certaines, décimées par la recherche de la seule performance génétique. Les lois et règlements européens encourageaient ce système de sélection.
Dès la fin des années 60, les risques de perdre une partie de la diversité animale sont flagrants, certaines races étant réduites à quelques dizaines de sujets. Et pourtant ce riche patrimoine avait forgé de belles images de nos régions, comme par exemple le beurre de Poitou-Charente fabriqué à partir du lait très riche en crème des vaches de race Maraîchine. La FAO recommande alors de mettre en place des programmes de conservation. Ce n'est pas suffisant pour enrayer les chutes majeures d'effectifs dans la très grande diversité des races, et à l'intérieur des races, situation similaire dans de nombreux pays d'Europe. Mais c'était sans compter sur la résistance d'éleveurs et de citoyens que cette extinction préoccupe et qui, voyant l'impasse dans laquelle elle nous mène, s'attachent à déployer des efforts conséquents avec une vision à long terme, pour au moins conserver cette biodiversité animale.
Soutenus par les parcs naturels régionaux qui se créent dans les années 70, par une petite poignée de techniciens de l'Institut de l'élevage et quelques rares chercheurs de l'INRA qui ont joué ensemble un rôle précieux, des pionniers vont se lancer dans des programmes d'inventaire de ce patrimoine et tenter d'enrayer sa disparition avec l'objectif d'accroître les effectifs. Fallait-il conserver cette riche biodiversité dans des "écomusées" (qui souvent ont permis des relances d'élevages) ou encourager les éleveurs à la valoriser? Avec des motivations diverses, certains - souvent des amateurs - se lancent avec passion, d'autres recherchent la rusticité perdue avec les races à haute performance et les croisements industriels, et enfin la plupart trouvent aisément leur place avec la demande citoyenne d'achats alimentaires en circuits courts. Ces éleveurs sont de plus en plus jeunes !
Ces races à faible effectif font à nouveau parler d'elles. Moins "ringardisées", elles retrouvent leur place dans des manifestations comme le salon de l'Agriculture ; pour celui de 2014, la Poste a émis un carnet de 12 timbres présentant les races de vaches françaises à très faibles effectifs, peu connues du grand public, la 13e étant sur la couverture du carnet. En 2013, c'étaient les races de chevaux de trait qui avaient eu cet honneur.
La mode du discours sur le "bien être" animal peut parfois faire sourire quand on observe les relations affectueuses qu'entretiennent certains éleveurs avec leurs animaux. En général, les troupeaux de races rustiques ont des effectifs permettant à chaque animal d'avoir un nom, de ne plus être seulement un numéro sur une boucle. Aussi répond-il fréquemment à la sollicitation par un regard, un cou tendu pour une caresse, ou même un coup de langue. C'est toujours émouvant de percevoir le lien que recherche l'animal à l'homme, l'attachement de l'un à l'autre. Bien des éleveurs dont l'objectif est de produire de l'alimentation pour eux-mêmes et leurs concitoyens, se préoccupent des conditions de mort de leurs animaux. Nous sommes toujours frappés par la manière dont ils en parlent, ils leur témoignent du respect jusqu'à la fin. Ces éleveurs sont très critiques à l'égard d'abattoirs qui deviennent des "usines à mort" dans notre système industriel.
A Nature & Progrès, à travers nos cahiers des charges, les valeurs portées par notre charte, nous tentons de sortir de "la science de l'exploitation des machines animales"(1), de concilier les besoins économiques du présent avec la nécessité de préserver l'avenir. Les nouveaux défis alimentaires attendus à l'échelle des territoires redonnent l'espoir de pouvoir développer ces races locales menacées grâce aux prises de conscience de plus en plus grandes de la part de nos concitoyens sur les enjeux de la biodiversité animale.

(1) Alain Caillé dans la préface du livre "Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIème siècle" de Jocelyne Porcher.

 

 






Eliane Anglaret
Présidente de Nature & Progrès

Le sommaire

Bio portrait : La nature enchantée

Témoignage : La spiruline, de l'aliment ancestral à une aquaculture moderne

Dossier : La biodiversité animale à la ferme

Dossier : "C'est la race qui fait l'élevage", entretien avec Jocelyne Porcher

Dossier : Races à faibles effectifs: de la conservation à la valorisation

Dossier: Plaidoyer pour la création d'un collectif autour de la biodiversité et de la sélection animale

Lecture: L'aventure d'un botaniste

Faites-le vous même: comment faire couver une poule ?

Agenda

Cuisine: les recettes bio-gourmandes de Valérie Cupillard

Petites annonces

Ecologie, agriculture bio, économie solidaire... La revue Nature & Progrès fait le point tous les deux mois sur l’actualité.
Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire, incinération...), éco-construction.
Tout cela en fait un outil précieux d’information sur le monde de l’agroécologie.

Des nouvelles du monde rural, des alternatives, de l’alimentation et de la distribution... car Nature & Progrès se veut engagée dans une réflexion
globale sur la mondialisation, le commerce et la décroissance. Ses rubriques courrier, agenda et livres en font aussi un carrefour de communication.
La revue est principalement diffusée par abonnement, ainsi que par un système de dépôt-vente (voir les modalités).


Abonnez vous pour vous informer autrement

Abonnez vous pour que vive la revue

Abonnez vous pour soutenir nos actions !!!

Rédactrice en chef

Secrétariat de rédaction

Abonnement

nature et progrès - 13, Boulevard Louis Blanc - 30100 alès - 04 66 91 21 94