nature et progrès ?

professionnels

associations

à la une ... archives ... Lire des extraits ... abonnement

la revue N&P

la librairie

l’agenda

l’actualité

liens utiles

contact

 

 

 

 

Inestimables semences paysannes

janvier - mars 2015 - n° 101

 

Semences : Résistance ? Modernité ?
La question des semences est l'un des piliers de l'agroécologie paysanne que Nature et Progrès soutient depuis sa création. Ces semences traditionnelles (produites et échangées localement) qui ont co-évoluées avec l'agriculture, ont été progressivement disqualifiées, leur usage restreint par le contexte réglementaire et juridique, pour aller vers la spécialisation de la production de semences "sélectionnées".
Au cours de la deuxième moitié du 20e siècle, la modernisation de l'agriculture engendre l'agrandissement des fermes et la disparition des paysans avec l'accroissement de la mécanisation et l'emploi massif d'intrants et de semences "sélectionnées". Il n'est plus question que d'amélioration des plantes et de performances des animaux. La sélection par la voie des hybrides F1 devient le seul choix d'amélioration des plantes dans les années 60-70, puis ensuite apparaîtront les PGM (plantes génétiquement modifiées), considérées comme l'unique marche vers le "progrès" pour nourrir l'humanité. La recherche scientifique publique ne s'interroge pas beaucoup sur la diversité génétique et relègue l'idée de biodiversité cultivée ; nous assistons à sa mise au service de la seule valorisation industrielle ainsi qu'à la course pour la compétitivité des entreprises semencières. Les voies alternatives sont ridiculisées, méprisées et donc totalement écartées.
Avec des semenciers de plus en plus hégémoniques, l’État protège les intérêts privés par des règlements qui réduisent voire détruisent les droits des paysans. Au nom de la création et de l'invention sont déposés les brevets qui permettent de piller et confisquer les savoirs mais aussi les innovations traditionnelles des paysans. Ce brevetage du vivant s'est avéré être un puissant mécanisme de contrôle et de domination du marché des semences.
Comme le souligne Patrick de Kochko*, "Pour les entreprises semencières, les semences paysannes n'existaient pas". C'était sans compter sur les résistances de paysans, de citoyens et d'associations qui, en fondant le Réseau "semences paysannes" se sont lancées dans " la préservation de la biodiversité, enjeu majeur de notre siècle".
Cependant, la concentration des entreprises semencières aboutit à ce que de moins en moins de multinationales contrôlent de plus en plus de semences brevetées. Et leur rouleau compresseur est toujours en action.
Avec le Réseau Semences Paysannes, promouvoir les semences paysannes, les faire vivre en les semant dans les champs et les jardins, en observant leur évolution, leurs aptitudes et leur adaptation au sol et au climat, développe et tisse des liens solides entre les citoyens et les paysans. Soucieux de la qualité de leurs observations et de leurs échanges afin de progresser ensemble , ils s'acharnent à faire évoluer le contexte réglementaire.
Nature et Progrès défend, depuis sa création, la souveraineté alimentaire dont une des premières contraintes réside dans la transformation des droits privés vers des droits collectifs pour redonner aux semences leur valeur de bien commun. Consciente que cette œuvre se heurte à la puissance économique, à la domination des semenciers, aux lois et aux règlements qui les soutiennent tout en étranglant les paysans, nous visons à encourager le développement et le partage de ces savoirs populaires et à nous élever contre le brevetage du vivant. Les événements de ces derniers temps nous incitent à la plus grande vigilance sur cette question fondamentale que sont les semences pour une agriculture biologique et paysanne, fondée sur la biodiversité et le respect du vivant. Les semences paysannes ne sont elles pas les semences de l'avenir pour répondre aux enjeux des défis climatiques?

 

 






Eliane Anglaret
Présidente de Nature & Progrès

Le sommaire

Bio portrait : L’élevage de la ferme « Mille Fleurs » Jos et Ernestine sont tombés amoureux de l’Auvergne où ils élèvent leurs vaches Jersiaises et Aubracs, nourries essentiellement aux herbes des prairies naturelles locales…

Opinion : L’enfant en marché (par Jacques Testart) La surmédicalisation est un abus médical consistant à « soigner » des gens qui n’en ont pas besoin, mais elle est aussi le symptôme de la mise en marché de certaines fonctions comme la procréation.

Alternatives : Prommata, 25 ans au service de l’agroécologie Face aux tensions énergétiques qui pointent à l’horizon, la traction animale a de l’avenir. L’association Prommata travaille à en perfectionner les outils et à les rendre accessibles.

DOSSIER : Les semences paysannes ont de l’avenir

DOSSIER :Le métier d’artisan semencier

DOSSIER :La liberté du commerce peut-elle libérer les semences ?

DOSSIER :Les missions du Réseau Semences Paysannes

Végétal : Trucs et astuces pour réussir son potager

Cuisine : les recettes bio-gourmandes de Valérie Cupillard

Petites annonces

Ecologie, agriculture bio, économie solidaire... La revue Nature & Progrès fait le point tous les deux mois sur l’actualité.
Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire, incinération...), éco-construction.
Tout cela en fait un outil précieux d’information sur le monde de l’agroécologie.

Des nouvelles du monde rural, des alternatives, de l’alimentation et de la distribution... car Nature & Progrès se veut engagée dans une réflexion
globale sur la mondialisation, le commerce et la décroissance. Ses rubriques courrier, agenda et livres en font aussi un carrefour de communication.
La revue est principalement diffusée par abonnement, ainsi que par un système de dépôt-vente (voir les modalités).


Abonnez vous pour vous informer autrement

Abonnez vous pour que vive la revue

Abonnez vous pour soutenir nos actions !!!

Rédactrice en chef

Secrétariat de rédaction

Abonnement

nature et progrès - 13, Boulevard Louis Blanc - 30100 alès - 04 66 91 21 94