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Pesticides, où en est-on ?

janvier - mars 2017 - n° 111

 

En 2016, le « Canard Enchaîné » a fêté ses 100 ans. Bel âge et belle occasion de faire la fête, mais quelle exception dans la crise actuelle de la presse ! Né de la plume de Maurice Maréchal et du crayon du dessinateur H.P. Grassié, qui mènent alors un combat singulier et exemplaire à coups d’humour rebelle, en plein fracas des combats de la première guerre mondiale, il était audacieux de lancer un journal satirique, de composer avec le pouvoir et de déjouer la censure. Si après 100 ans, le « Canard » est toujours vigoureux, c’est qu’il appartient à ses salariés, qu’il est demeuré « indépendant », vivant non pas de la publicité mais seulement de la fidélité de ses lecteurs. L’hebdomadaire luttait contre le bourrage de crâne, la langue de bois, sports très à la mode à cette époque mais hélas, toujours d’actualité. Sa devise : « Tu auras mes plumes mais tu n’auras pas ma peau ». Encore et toujours, une seule arme, son bec, en mesure de ressortir ce qui est bien enfoui ou caché aux citoyens. Heureusement qu’il est là pour mettre le doigt là où ça fait mal ! « L’hebdomadaire paraissant le mercredi » a su sauvegarder sa liberté de moyens qui fait sa force, y compris auprès des puissants. À propos de puissants, nous sommes atterrés par les premières décisions du nouveau président des Etats-Unis, qui multiplie directives et décrets, ne s’embarrassant guère de respecter les procédures et qui s’entête malgré les tollés suscités par son décret anti-immigration. Nous assistons à une régression sociale et écologique inquiétante pour l’avenir de la planète et de l’Humanité. Du côté de la France, il est un fardeau qu’elle refuse de regarder en face : l’usage inconsidéré des pesticides. Elle en est pourtant le premier consommateur en Europe, le troisième au niveau mondial. Malgré le « Grenelle de l’environnement » et le plan Ecophyto 1 initié en 2008, la consommation de pesticides a tendance à plutôt augmenter ces dernières années. Les premières victimes sont les agriculteurs eux-mêmes. En plus des dégâts causés à l’environnement et à la santé, c’est un fardeau économique, comme l’ont encore montré deux chercheurs de l’INRA1 qui ont étudié 61 publications de la littérature scientifique. Leurs coûts sont sous-estimés, comme ceux des équipements de protection des agriculteurs, de la dépollution des eaux de consommation, de l’achat de bouteilles d’eau, des risques peu ou pas évalués sur les altérations de la santé, etc. La facture environnementale sur la faune, la flore, la vie du sol… n’a jamais été sérieusement étudiée. Selon les chercheurs, les avantages financiers de l’utilisation des pesticides seraient d’environ 30 % inférieurs aux « externalités négatives », c’est-à-dire au prix des incidences néfastes de l’agriculture chimique sur la vie en général. Le plan Ecophyto 1 a échoué à réduire de 50 % l’usage des pesticides en 10 ans ; le plan Ecophyto 2, lancé en mars 2016, parviendra-t-il à les interdire ? Nous en doutons et nous pouvons vraiment nous inquiéter pour les générations futures, les effets des pesticides se faisant sentir plusieurs décennies après leur utilisation et leur dispersion dans l’environnement. Même si à N&P nous pratiquons depuis toujours le « zéro pesticide de synthèse », conscients d’être minoritaires dans le paysage agricole, nous pouvons être fiers de défendre une agriculture et un jardinage qui procurent des aliments sains et de grande qualité nutritionnelle. Suggérons à la sécurité sociale de s’intéresser à cette question, elle verrait sûrement ses dépenses de santé se réduire ! Il y a encore fort à faire quand nous voyons le Conseil constitutionnel retoquer la loi préconisant 20 % de bio dans les cantines. Continuons à relever nos manches, ne baissons pas les bras, nous avons du pain sur la planche pour convaincre de changer nos modes de pensée et d’actions. Et que vive le « Conflit de Canard » qui dénonce si joliment les dérives de l’agro-industrie !


1- Denis Bourguet et Thomas Guillemand, Journal de l’Environnement du 21 mars 2016. Romain Loury.
 

 






Éliane Anglaret
Présidente fédérale de Nature & Progrès

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