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Pour la mer - La pêche en question

novembre - décembre 2016 - n° 110

 

En quelques décennies notre société libérale 'ultra technicisée', dont les systèmes ont envahi notre vie et notre milieu naturel, a transformé notre quotidien. Même si nous en tirons en apparence certains avantages, voire un certain confort, ces belles innovations ont souvent des conséquences néfastes. Elles nous interrogent sur notre capacité à vivre sans toutes ces 'béquilles techniques' qui, si nous n'y prenons pas garde, nous rendent totalement dépendants.
Dans mon village, il y a quelques jours, une coupure d'électricité prolongée m'a donné l'occasion de dresser une liste de notre dépendance, malgré nos efforts pour nous en exonérer : sans électricité, plus de machine à laver ; sans ordinateur ni téléphone, plus de communication avec les autres ; les circulateurs de mon chauffage solaire-bois ne peuvent plus envoyer de chaleur dans les tuyaux, etc. La liste est longue ! Nous prenons alors conscience que notre civilisation technicienne régit toutes nos actions, tant professionnelles que quotidiennes et privées, et qu’elle nous aliène. Peut-on s'en extraire, résister à la pensée unique, enrayer ces processus de dépendance ?
Les villages et les villes qui se sont engagés dans la démarche de la Transition nous dessinent des voies vers de nouveaux horizons. Le mouvement de la Transition, né en grande Bretagne en 2006, se caractérise par 'le passage de la dépendance au pétrole à la résilience locale'. Les populations sont alors invitées à réduire la consommation d'énergie fossile et à reconstruire une économie locale. Ce modèle est un cadre auquel chaque collectivité, chaque citoyen peut apporter ses propres réponses et ressources pour agir.
Ainsi, Ungersheim en Alsace, environ 2 200 habitants, village en apparence semblable à tous, à une vingtaine de km de la centrale nucléaire de Fesseinheim, se caractérise par de nombreux projets audacieux qui foisonnent, guidés par l'objectif d'autonomie énergétique et alimentaire. Il développe 21 actions pour le 21° siècle afin de préparer l'après pétrole.
Son maire, un lanceur d'idées convaincu, œuvre sans relâche à leur concrétisation. Déjà en 2000, une batterie de panneaux solaires thermiques chauffait l'eau de la piscine. Préoccupé par l'idée d’apporter la souveraineté alimentaire à son village situé au milieu des cultures de maïs dominantes, une ferme maraîchère en agriculture biologique a été créée, en 2008, sur des terrains communaux. 'De la graine à l'assiette' approvisionne la cuisine centrale et fournit des paniers de légumes aux habitants. En 2009, la restauration scolaire passe à 100% bio. Une conserverie, aménagée récemment dans la maison de la nature et des cultures, transforme les légumes d'été en soupe, sauce, ratatouille... Une légumerie pour préparer des légumes sous vide est en projet. En marche vers l'autonomie énergétique, une partie du travail de maraîchage se fait en traction animale et le cheval est également mobilisé pour transporter les enfants à l'école. Des travaux pour économiser l'énergie dans les bâtiments publics ont été engagés, une chaufferie bois alimente un réseau de chaleur pour chauffer sept bâtiments communaux. Plus récemment, sur les friches de l'ancienne mine de potasse, une centrale solaire photovoltaïque a vu le jour. Elle produit l'équivalent de l'électricité nécessaire à 10 000 familles. Dans la même démarche, un éco-hameau est en cours de réalisation. Mais, malgré la volonté de la municipalité, le bourg n'échappe pas à la disparition des petits commerces, restaurants... et pour relancer l'idée de relocalisation de l'économie, une monnaie locale, le radis, s'est imposée.
Face à la raréfaction des ressources fossiles (en particulier le pétrole) et pour anticiper les dérèglements climatiques, le processus de Transition s'élabore dans de nombreuses villes et villages afin de rebondir et surmonter les obstacles. Nous sommes capables de nous affranchir du système technologique qui nous contraint et nous rend dépendant. Même si tous les habitants d'Engersheim n'adhérent pas à ces projets, la volonté politique et collective permet de relever des défis.
Ces défis, nous les rencontrons fréquemment à Nature et Progrès, lors des enquêtes de notre SPG, dans les projets et les réalisations de nos adhérents et il y a maintenant plus de 50 ans !
C'est en marchant que l'on trouve le chemin*


* devise sur le site d'Ungersheim !
 

 






Eliane Anglaret
Présidente fédérale de Nature & Progrès

Le sommaire

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Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire, incinération...), éco-construction.
Tout cela en fait un outil précieux d’information sur le monde de l’agroécologie.

Des nouvelles du monde rural, des alternatives, de l’alimentation et de la distribution... car Nature & Progrès se veut engagée dans une réflexion
globale sur la mondialisation, le commerce et la décroissance. Ses rubriques courrier, agenda et livres en font aussi un carrefour de communication.
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