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Ecofeminisme, des luttes et des femmes

juin - août 2017 - n° 113

 

Ils ont voté et puis après??? chantait Léo Ferré. L’interrogation est toujours d’actualité après l’élection présidentielle de mai 2017. Malgré les préoccupations des Français, la nécessaire transition écologique pour remédier à la dégradation catastrophique du climat et des écosystèmes a hélas été la grande perdante du second tour. L’approche économique à court terme est gagnante, au détriment d’une vision à long terme nécessaire à la survie de l’humanité. De beaux objectifs avaient été fixés, mais les moyens d’y parvenir sont restés au placard?(1). Est-il utopique d’imaginer que les laissés pour compte de la mondialisation, de plus en plus nombreux, soient un jour écoutés et entendus?? Pourra-t-on un jour discuter de ce que nous produisons, pour quoi, pour qui, pour quel projet de société?? Des raisons d’espérer nous sont adressées avec le dernier scénario Negawatt(2) sur la transition énergétique. En France, en effet, la consommation baisse?: un phénomène structurel où sobriété et efficacité énergétiques sont des clés de cette inflexion. Negawatt montre que 100?% de renouvelables seraient possibles dès 2050, l’agriculture et la forêt jouant un rôle majeur comme ressources, stockage de carbone et réduction des gaz à effet de serre. L’amélioration de la qualité de l’air, de l’eau, des sols et de la biodiversité dégageraient de multiples bénéfices pour la santé et l’environnement. Nombre d’emplois non délocalisables, socialement utiles, écologiquement responsables soutiendraient alors une politique audacieuse de l’emploi de proximité. Total s’en préoccupe?: «?Notre objectif?: répondre à la demande de biocarburants et participer activement au développement des énergies renouvelables?». Voilà comment la firme vante son projet de conversion du complexe pétrochimique du site de la Mède sur l’Étang de Berre, qualifié de non rentable. À la place, une énorme unité de production de “biodiesel” ouvrirait en 2018. Elle utiliserait des huiles végétales (dont une majorité d’huile de palme importée), conduisant à un bilan énergétique très négatif au regard des émissions de GES(3) et à une perte de biodiversité. Au nom d’emplois sauvés (250 sur 450 actuellement), nombre d’élus locaux ont émis un avis favorable. Les autorités françaises risquent de valider, ce qui “verdirait” l’image de Total. Ce n’est pas cette transition énergétique que nous voulons?! Lors de la session annuelle des négociations climatiques organisée à Bonn dans l’indifférence médiatique, l’OMM(4) a noté que l’indicateur concernant le réchauffement climatique (seuil d’accroissement de la température de la planète de 1,5°C) mentionné dans l’accord de Paris de 2015 tend de plus en plus à la hausse. Les climatologues alarmés alertent. Seront-ils entendus?? Le 22 avril, Jour de la Terre?, une marche pour la Science a réuni dans de nombreuses villes des marcheurs des milieux scientifiques s’élevant contre l’asservissement de leur discipline aux intérêts économiques. En France, la recherche manque cruellement de moyens financiers?; de nombreux sujets de travaux utiles pour faire progresser la connaissance sont écartés. Clin d’œil au dossier de ce numéro, l’association Femmes & Sciences a également soutenu cette marche. Toujours d’actualité, hélas, les feuilletons sur la nocivité du Round Up(5) et des perturbateurs endocriniens se poursuivent et sont très loin d’être réglés, lobbies obligent. Combien d’épisodes encore?? Faisons confiance en nos capacités collectives de contestation du système. Luttons par exemple contre l’obsolescence programmée?! «?Réparer ensemble pour ne plus jeter?», devise des Repair Cafés(6), voilà une alternative conviviale et gratuite à la benne et à l’incinérateur. Restaurer, retaper, rénover, rapiécer… presque tout peut être réparé dans ces lieux de résistance au tout jetable. En France, les premiers ont ouvert en 2013?; l’aspect pédagogique y est préféré au «?service après-vente?». Je suis sûre qu’auprès des adhérents de Nature et Progrès, nombreux sont les bricoleurs, créateurs, et inventeurs qui pourraient partager leurs savoir-faire. Une belle façon de lutter contre la société consumériste.
 

 






Eliane Anglaret
Presidente de Nature et progres

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