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Réflexion sur l'évolution de la bio

novembre - décembre 2018 - n° 120

 

Avec l’automne, nos sens sont émerveillés par les couleurs qui parent nos forêts, encore faut-il qu’elles ne soient pas uniformément vertes, avec des alignements de monoculture de résineux, comme en sont recouvertes maintenant certaines de nos régions. Lors de « la Marche pour la forêt »1, les forestiers de l’ONF, qui se revendiquent comme « les gardiens d’une sagesse ancestrale et d’un bien commun », veulent attirer notre attention sur le sort qui est fait à la forêt française : elle est gangrenée par l’intensification et l’industrialisation de son exploitation, encadrée par le nouveau programme national de la forêt et du bois. Pourquoi défendre les forêts publiques ? Elles protègent eau, climat, paysages et biodiversité végétale et animale ; elles nous accueillent pour des moments de loisirs et de rêveries, nous approvisionnent en bois pour nous abriter confortablement et nous chauffer. Mais voilà, la tentation est grande de les privatiser, c’est dans l’ère du temps, de les transformer en usines à produire du bois et rapidement. Pas le temps de laisser vieillir les arbres, il faudrait les servir aux lobbies forestiers… sur un plateau doré. Les quatre marches qui parcourent la France avaient rendez-vous le 25 octobre en forêt de Tronçais; forêt emblématique, célèbre pour ses chênaies dont l’histoire est associée à Colbert et à la fabrication des tonneaux des grands crus du vignoble français. Tronçais, une des plus belles futaies d’Europe, havre de paix et de ressourcement. De quoi rasséréner ces marcheurs si méritants ! Le documentaire « Le temps des forêts », plaidoyer contre la sylviculture intensive, illustre parfaitement ce que deviendront nos forêts si nous ne nous mobilisons pas aux côtés des salariés de l’ONF. Dans la série des dangers qui nous plombent le moral, après les épisodes « glyphosate », et les insecticides « tueurs d’abeilles », depuis quelques années, une nouvelle classe de pesticides avance sans bruit avec un nom qui inspire peu de confiance : les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), autorisée en Europe à partir de la fin des années 2000. Ces fongicides visent à éliminer champignons et moisissures en agriculture, ainsi que sur les pelouses, ils bloquent la respiration des cellules et donc leur développement. Ils sont utilisés sur nombre de cultures (céréales, fruits, pomme de terre…), échouent dans la terre, les eaux, les chaînes alimentaires animales et bien sûr n’épargnent pas les humains. Des chercheurs français à l’origine d’une publication scientifique et d’une tribune dans Libération, au printemps 2018, sonnent l’alarme. Pierre Rustin, généticien et directeur de recherche au CNRS-INSERM explique que ces fongicides bloquent la SDH humaine. «Nous l’avons testé en laboratoire. Or nous savons qu’il est extrêmement dangereux de bloquer cette enzyme. Ils [les SDHI] peuvent entraîner la mort des cellules, causant de graves encéphalopathies ou au contraire, une prolifération incontrôlée des cellules et se trouver à l’origine de cancers ». Les auteurs de la tribune, avec François Veillerette, de Générations Futures, demandent la suspension immédiate de leur autorisation. L’ANSES a mis en place un groupe d’experts dédié : espérons que cette question soit bien prise en compte ! En attendant conclusions et décisions, si vous êtes malades, les mêmes industriels qui fabriquent ces produits mortifères vous soigneront ! Toutefois, nous nous réjouissons du succès de la récolte de signatures et des nombreuses manifestations devant les mairies liées à la campagne « Nous voulons des Coquelicots » 4. Quelques lueurs d’espoir avec les manifestations sur le climat, débutées en septembre et qui, pour une première fois, ont réuni pas mal de citoyens. Elles n’ont bien évidemment pas arrêté les pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’Aude durant plusieurs heures. Nous pouvons, à ce sujet, partager les analyses de Jacques Caplat 5 sur la « responsabilité oubliée » des sols agricoles. Certes, les pluies ont été violentes, mais la brutalité et l’ampleur des inondations ont été aggravées par des sols appauvris, artificialisés (routes, zones commerciales, suppression des haies et arasement des talus…). L’eau ruisselle sans pouvoir être absorbée, on ne l’arrête donc pas… Pour Nature et Progrès, il est urgent d’agir globalement.

1 https://marche-pour-la-foret.webnode.fr/pourquoi-cette-marche/ 2 ONF, Office National des Forêts 3 Succinate déshydrogénase humaine 4 Si vous n’avez pas encore signé : www.nousvoulonsdescoquelicots.org 5 http://www.changeonsdagriculture.fr/inondations-la-responsabilite-oubliee-des-sols-agricoles-a115066100


 

 






Eliane Anglaret
présidente de Nature et Progrès

Le sommaire

Ecologie, agriculture bio, économie solidaire... La revue Nature & Progrès fait le point tous les deux mois sur l’actualité.
Reportages, interviews, dossiers sensibles (OGM, nucléaire, incinération...), éco-construction.
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Des nouvelles du monde rural, des alternatives, de l’alimentation et de la distribution... car Nature & Progrès se veut engagée dans une réflexion
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