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N°133
Sommes-nous toujours en démocratie ?

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UGS : 1000-1-1-1-3-1 Catégorie :

Description

Edito de Jérôme Goust

 

Notre “sécurité globale”

 

La “sécurité globale” qu’on essaie de nous vendre n’est que l’aboutissement des décennies d’ultra-libéralisme où seules les valeurs marchandes comptent… Elle veut nous préserver de l’insécurité.

Mais de quelle insécurité ?

Celle qui aboutit à la décapitation de l’enseignant Samuel Paty qui a osé parler de l’obscurantisme et tombe victime du fanatisme et de l’intolérance si bien supportés par le système et ses élites de tous bords ? Celle qui frappe les opposants aux grands projets inutiles ? Celle qui découle des innombrables manipulations de la science  (1) et aboutit à ce déferlement « d’experts » en tout genre qui nous décervellent depuis dix-huit mois, jusqu’à prôner « quand on s’aime, on ne s’approche pas » ?

Que de violences !

Violence institutionnelle, engendrant résignation et frustration, ne laissant place qu’à la soumission(2) ou à la révolte ; violence normalisatrice, détruisant la biodiversité humaine à coup de puçage et de traçage ; et qui nous enfonce dans une alimentation artificialisée, « transformée », déconnectée de la terre. Opportunisme d’un pouvoir dépassé par le COVID, mais qui en profite pour servir les GAFAM en accélérant la dématérialisation pour nous mener à marche forcée vers un dépassement de l’humanité par l’homme augmenté, l’intelligence artificielle, le transhumanisme et autres philosophies déconnectées du monde vivant comme le véganisme (3).

L’insécurité est d’abord générée par ce système schizophrène qui nous a menés à l’individualisme tout en interdisant la différence. Qui a conduit à la peur de la vie jusqu’à la notion de risque zéro, à l’obsession de l’éradication… Cette peur du vivant, ce refus de la mort ne mènent qu’à une impasse : celle d’existences aseptisées, mais sans risques. « On ne peut s’empêcher de vivre pour s’éviter de mourir » déplore très justement la célèbre psychologue Marie de Hennezel (4).

L’enjeu est maintenant de lutter pour NOTRE “sécurité globale”.

Sécurité de pouvoir construire SA vie AVEC les autres, dans l’échange et le partage, dans la découverte jamais achevée du monde vivant.

Sécurité de maintenir et développer le lien au sol, le lien entre hommes et femmes, avec les animaux, le végétal, la terre…

Sécurité de maintenir et développer une organisation économique et sociale de proximité, à échelle humaine, sans algorithmes.

Sécurité de retrouver l’autonomie de chacun et chacune et la solidarité du groupe…

Et enfin, sécurité des réseaux humains et non des prétendus réseaux « sociaux », d’une vraie vie relationnelle non virtuelle !

 

Jérôme Goust, co-président
du groupe Nature & Progrès Tarn

 

 

1- Voir le superbe documentaire « La fabrique de l’ignorance » de Franck Cuvelier et Pascal Vasselin

2- Le « Discours de la servitude volontaire », écrit à 18 ans par Étienne de La Boétie, 1576. Réquisitoire contre l’absolutisme qui pose la question de la légitimité de toute autorité sur une population et essaie d’analyser les raisons de la soumission de celle-ci (rapport « domination-servitude »).

3- Le véganisme se révèle une philosophie hors-sol, préférant la chimie de synthèse aux produits vivants, tout comme la viande de synthèse qui arrive dans nos assiettes.

4- Voir les textes de la psychologue, spécialiste de la fin de vie, Marie de Hennezel et notamment son dernier livre : « L’adieu interdit » (Éd. Plon), 2020.