N°104
Alternatives : la force des réseaux

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Date de publication : 09-10-2015
Rédacteur : Eliane Anglaret
Fonction du rédacteur : Présidente de Nature & Progrès

Sommaire :

Focus : Europacity, le passage en force des pouvoirs publics
Analyse : TTIP et OGM : la menace cachée
Dossier : Le R.E.P.A.S, un réseau d’entreprises aux pratiques exemplaires
Dossier : BEDE et l’archipel des terroirs sources
Dossier : L’intelligence collective et la force des réseaux
Dossier : La coopérative intégrale ou comment répondre aux besoins individuels et collectifs hors des règles du marché
Faites-le vous-même : le shampoing
Végétal : la tomate en arbre
Agenda
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Description

Canicule, climat et coup de chaud !
Un été 2015 marqué par des températures exceptionnelles (39,7°C à Paris le 1° juillet, des pics à 47°C en Italie, au Portugal, en Espagne) fait suite aux vagues de chaleur de ces dernières décennies. Pour de nombreux scientifiques, la canicule s’inscrit dans ‘un phénomène plus large de réchauffement climatique’ et de dérèglements qui se manifestent par l’exacerbation des phénomènes extrêmes.

Dans les années 60 déjà, les scientifiques constataient des changements climatiques, et lorsqu’ils s’exprimaient, ils n’étaient ni écoutés ni entendus. Les conférences sur le climat (entre autres COP 20 à Lima) ont échoué, qui se sont achevées par des conclusions sans courage de la part des gouvernants mondiaux. Qu’en sera-t-il de la COP 21 à Paris, en décembre ? L’avenir de l’Humanité sera-t-il enfin sérieusement pris en compte ?

Pour les paysans ces dérèglements se traduisent par des pertes de récoltes et d’animaux (brûlures des fleurs, dessèchement des plantes et des arbres, mauvaise levée des semis, maturité trop avancée…), un accroissement du développement de certains parasites et de nouvelles maladies, sans compter un travail rendu très pénible par ces conditions climatiques.

Du fait de son industrialisation, l’agriculture est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre (1) ainsi que d’une perte conséquente de la biodiversité cultivée et sauvage, tant animale que végétale. Le système alimentaire industriel mondial contribue pour près de 50% du total des émissions de gaz à effet de serre (2). Les paysans de certaines régions du globe, réfugiés climatiques, sont les premières victimes des évènements climatiques extrêmes.

Des solutions existent. Nous demandons aux négociateurs de la COP 21 de les entendre et de les inscrire dans les conclusions, et surtout de les mettre en œuvre sans tarder. Mettre un frein à l’industrialisation de l’agriculture en arrêtant les traités de libre-échanges, la concentration des productions, l’hypermécanisation et la robotisation, le développement des biotechnologies et des nanotechnologies ainsi que l’accaparement des terre exigerait un énorme courage politique ! Cela nous rend sceptiques quant à l’issue de ces discussions au Sommet.

Avec la crise actuelle de l’élevage français, les éleveurs sont victimes des prix bas du marché car l’Union Européenne, prétextant la contrainte de l’OMC et des traités de libre-échanges, a abandonné la régulation des productions agricoles. Le mouvement des éleveurs est le signe d’une crise profonde et durable ; en ne remettant pas en cause la mondialisation de l’agriculture imposée par l’industrie agroalimentaire, la grande distribution et la financiarisation boursière, les réponses apportées apparaissent comme des ‘mesurettes”.

Alors que le système agricole va dans le mur, l’expulsion, le 19 Août, des zadistes installés depuis 32 mois sur la ferme des Bouillons (près de Rouen) est emblématique du manque de courage politique à soutenir et encourager le développement de lieux pour des activités agricoles alternatives et des espaces d’utopies concrètes.

Nature et Progrès, en particulier avec le collectif de ‘l’agro-écologie paysanne’ (3) entend promouvoir les ‘initiatives et alternatives portées par les paysans, les citoyens et tous les acteurs du mouvement social’ (4) qui contribuent au travail en synergie avec les écosystèmes, à la relocalisation et au développement des territoires, à l’autonomie des fermes.

Nature & Progrès propose des alternatives pour plus de justice environnementale, sociale … et climatique !

Notes :
(1) Agriculture et changement climatique- Notes et Etudes socio-économiques. Ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la Forêt.
– (2) Souveraineté Alimentaire: 5 Etapes pour refroidir la Planète et nourrir sa population- décembre 2014- GRAIN et la Via Campesina
– (3) Organisations membres du collectif : Nature & Progrès, La Ligne d’Horizon, Confédération Paysanne, Accueil Paysan, Réseau Ecobâtir, Réseau Semences Paysannes, FADEAR, Les Amis de la Terre, MIRAMAP, Minga, LPO, BEDE, ASPRO pnpp, Reclaim The Fields, Générations Futures, Terre & Humanisme.
– (4) Communiqué « Pour une agro-écologie paysanne » du 31 mars 2014