N°106
La santé par l’alimentation

6,50

Date de publication : 04-01-2016
Rédacteur : Eliane Anglaret
Fonction du rédacteur : Présidente de Nature & Progrès

Sommaire :

BIO PORTRAIT : Jean-François Lyphout, « l’ortie-culteur » Ce maraîcher-là part en ciré à la pêche… à l’ortie ! Il a largement pris sa part dans le combat pour la reconnaissance des Produits Naturels Peu Préoccupants, autrement dit : « la guerre de l’ortie » !
VOYAGE : Pain, vin… les belles traditions de la Géorgie On connait peu ce pays du Caucase. Pourtant, sa riche histoire culturelle nourrie de biodiversité offre quelques sources d’émerveillement. Avez-vous déjà entendu parler des Qvevris ?
DOSSIER :Quand la guérison passe par l’alimentation
DOSSIER :De l’importance de l’intestin
DOSSIER :Consommateurs de produits bio : une étude scientifique pionnière les conforte
Analyse : Climat, l’accord de Paris ne fait pas l’unanimité A l’issue de la COP 21 les médias ont surtout relayé la liesse née d’un accord «historique ». Une opinion que ne partage pas l’organisation internationale ATTAC. Explications de Maximes Combes.
Végétal : Plantes sauvages des bois cultivées sous haies potagères
Cuisine : les recettes bio-gourmandes de Valérie Cupillard

Rupture de stock

UGS : 87 Catégorie :

Description

Débutée par l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, achevée par les tueries du Bataclan, 2015 restera dans la mémoire de nos concitoyens une année d’attentats et de scandales. La menace terroriste n’est sûrement pas près de disparaître mais nous pouvons nous interroger sur la déchéance de nationalité et l’efficacité de l’état d’urgence qui autorise, au passage, des descentes de police au petit matin, chez quelques « écolos » dits radicaux (maraîchers bio, par exemple) et à les assigner à résidence pour peu qu’ils aient mis en avant leurs idées, au cours de manifestations : une répression à peine voilée contre tous ceux qui contestent.
N’est-ce pas le moment de s’interroger sur le pourquoi de cette situation qui, sans doute, trouve ses origines dans le déracinement de certains peuples, le chômage, la guerre, la misère ; beaucoup ont l’impression qu’ils n’ont plus rien à perdre. Pourtant, tenter de comprendre n’excuse nullement les attentats et les tueries.
Avec les élections régionales de décembre, l’abstention et les votes extrêmes dénotent le désintérêt, voire la désespérance d’une grande partie de nos concitoyens pour la politique. Notre démocratie aurait vraiment besoin de se renforcer et de retrouver ses fondamentaux.
2015 fut aussi l’année de la disparition de grandes figures de la littérature, de la philosophie, de la musique et des sciences, par exemple le chef d’orchestre Kurt Masur, musicien et humaniste, acteur de la transition démocratique de l’ex-Allemagne de l’Est ; René Girard, philosophe… Nous avons aussi perdu un botaniste encyclopédique passionné, courageux, Jean Marie Pelt, qui n’avait pas hésité à prendre des positions contre l’amiante, les OGM (c’est l’un des fondateurs du CRIIGEN1), et récemment le projet d’aéroport de notre Dame des Landes. Promoteur de l’écologie urbaine, il avait lancé en 1971 le Centre Européen d’Ecologie à Metz. Consacrant sa vie à l’étude et à la préservation de la planète, il a écrit une soixantaine de livres. « Chapeau bas, c’était un grand naturaliste, un grand connaisseur de tout ce qui pousse sur terre et un grand vulgarisateur de la cause des plantes et du vivant » soulignait Jean Paul Besset, biographe de R. Dumont.
Autre événement marquant, la COP 21, accueillie par la France, où hélas l’agriculture fut la grande oubliée alors qu’elle représente environ 15 % des gaz à effet de serre dans le monde, selon les études du GIEC. L’accord final, s’il présente quelques avancées dans la prise de conscience du réchauffement climatique, est loin de tracer les perspectives pour le contenir dans la fourchette espérée de 2°C. Déjà il entraîne de nombreuses modifications observables par les paysans (ex : période de vent plus longues et plus fortes, sécheresses et pluies plus violentes…).
Décidément, l’écologie, malgré les enjeux vitaux qu’elle représente, est au plus mal : concernant la santé, le lien entre maladie et alimentation est maintenant clairement établi et scientifiquement prouvé. Le contact avec de nombreux produits chimiques de synthèse nuit à notre santé ! Les responsabilités des facteurs environnementaux et en particulier nutritionnels dans la fréquence et l’agressivité des cancers ou des maladies dégénératives, chez des patients de plus en plus jeunes, sont bien admises par les milieux de la santé. Il serait donc possible d’agir efficacement et rapidement.
À Nature et Progrès, nous agissons pour remettre notre alimentation au centre de nos préoccupations quotidiennes, dans une logique de solidarité, en nous reliant à la nature, à la terre, aux climats et aux saisons. Mais chaque fois que nous nous mobilisons pour prévenir la faillite du système actuel (privatisation du vivant, crise de la santé…), c’est bel et bien le système économique libéral mondial, dont la rentabilité et la croissance sont les seuls mots d’ordre, qui empêche l’émergence de solutions nouvelles et pérennes. Il est urgent de modifier les bases d’un autre mode de fonctionnement de notre agriculture et de notre alimentation, sur fond d’une meilleure harmonie entre l’Homme et la biosphère. « Que ton aliment soit ta seule médecine » (Hippocrate).


Note 1 : CRIIGEN, Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique