N°38
Le vin dans tous ses états

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Date de publication : 11-12-2002
Rédacteur : Arlette Harrouch
Fonction du rédacteur : Directrice de Nature & Progrès

Sommaire :

Débat : la pisciculture est-elle une bonne alternative à la raréfaction des stocks de pêche ?
Bio-portrait : Les Ristori
Initiative : le défi de FERME
Enquête : les mauvais sujets du Prince
Enquête : OPA sur la bio
La chronique des producteurs : tuera-t-on la poule aux œufs bio ?
Nature : un trésor de potimarron
Elysée Padilla cuisine les potimarrons
Dossier : le vin dans tous ses états
Découverte : la Bio en route pour la Réunion
Interview : Pierre Dhombre
Bio-construction

Rupture de stock

UGS : 8 Catégorie :

Description

La société du spectacle a atteint son paroxysme et seul un changement radical et rapide de notre civilisation mondialisée permettra que la vie se perpétue sur notre planète. Les média dominent le monde et les média sont dominés par les affaires.
Les images véhiculées par la télévision ne restent que fugitivement dans les mémoires des spectateurs et ces images, drogues quotidiennes, n’ont plus de signification et valent seulement pour le plaisir très souvent morbide qu’elles procurent : mort ou amour en direct…
Cet abrutissement organisé relève d’une volonté de manipulation des esprits à l’échelle mondiale.
Les média sont pourtant incontournables, même pour les mouvements citoyens qui dénoncent ces manipulations et se battent en faveur d’une véritable démocratie.
L’ensemble des organisations qui participent à des actions de défense de l’environnement et de droits citoyens n’ont pu échapper à leurs règles. Il leur fallait accepter que l’un des leur devienne un objet médiatique. José Bové devint donc une marchandise du grand spectacle, une vedette mondiale, happée sur tous les continents par toutes les télévisions, par tous les journaux un héros du monde paysan, pour la bonne cause !
Mais la fête doit se terminer car les pressions américaines se font plus fortes sur l’Europe : les retours sur investissements des multinationales dans les biotechnologies tardent à rentrer Ces retours de bénéfices se font d’autant plus mal que les consommateurs et les agriculteurs américains, premiers utilisateurs des OGM, à l’heure des bilans, s’aperçoivent qu’ils sont négatifs. Les bénéfices, les pollutions, les empoisonnements devront donc se faire urgemment, ailleurs qu’aux USA.
Pour que la peur s’installe chez les anti-OGM, il faut abattre Bové médiatiquement. L’opportunité de l’après 11septembre est trop belle : ceux qui dénoncent l’hégémonie américaine ne sont-ils pas des terroristes ? Petit à petit, l’image du porte-parole de la Confédération Paysanne est ternie. Ses causes, ses propos sont discrédités. L’opinion publique a oublié qu’hier elle en avait fait un héros et est prête à entendre la sentence de la Justice en cassation le 5 novembre: 14 mois de prison ferme !
Le peuple «bien briefé » ne devrait pas bouger… On entend même chuchoter dans les milieux associatifs qu’après tout, Bové en a fait trop ; que son ego…
Et quand bien même : Bové en prison, c’est un syndicaliste, c’est notre liberté qu’on enferme. Hier, nous étions 30 000 à Millau, solidaires face à la mondialisation libérale. Tandis que l’Organisation Mondiale du Commerce gagne du terrain sur tous les fronts et utilise la répression pour contrer ses opposants, des « anonymes» sont arbitrairement condamnés, dans une quasi-totale indifférence. Ils s’appellent Hébert, Moser, Meguini Riesel… Si nous laissons faire cette éradication de la contestation, demain, c’est l’échine qu’il nous faudra courber. Il y a urgence à se ressaisir : ne laissons pas cette injustice là se perpétrer.