N°40
Les dangers des aliments irradiés

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Date de publication : 03-04-2003
Rédacteur : Arlette Harrouch
Fonction du rédacteur : Directrice de Nature & Progrès

Sommaire :


Débat : Pour ou contre l’arrachage des OGM ?
Bio-portrait : Marcel Caillère, France-trotter de l’environnement
Chronique des producteurs : Mais pourquoi craindre le purin d’ortie ?
Initiative : L’éolien démocratique
Végétal : Les salades sauvages
Elysée Padilla cuisine les salades sauvages
Initiative : L’université des savoirs de terroirs
Dossier : Les aliments ionisés
Réaction : Réinventer les circuits courts, une nécessité pour la bio ?
Société : Pour refaire le monde, il faut défaire le développement

UGS : 10 Catégorie :

Description

Penser globalement, consommer localement.
Agriculture biologique, commerce équitable et commerce solidaire sont, ou vont être, orchestrés par des réglementations européennes ou des normes ISO (mondiales) au nom de la grande symphonie du développement durable…
Cette symphonie ne pourra toutefois pas échapper à l’économie libé
rale : ainsi, comme ce fut le cas avec la pollution qui a généré pour les pollueurs le marché juteux de la dépollution, le développement durable et son cortège de réglementations ne feront qu’engendrer un marché de plus : celui, sécuritaire, du contrôle…
Tant que n’est pas posée clairement la réelle cause de la décomposition de notre société, tous ces efforts, apparemment louables, seront voués à l’échec puisque récupérés par l’économie libérale, (ils le sont déjà) : ils n’empêcheront malheureusement pas la poursuite de l’exclusion du plus grand nombre.
Nature et Progrès reste très réservée face au développement dit durable car elle perçoit les dangers d’un tel système et ses limites. Il faut passer à la décroissance. Même si elle est délicate, c’est probablement là que se trouve la voie du Progrès, pour un rééquilibrage Nord/Sud.
Depuis le bouleversement de notre espace temps, lié tout d’abord à l’intensification des moyens rapides de transports et aujourd’hui à la communication Internet, les hommes et les femmes sont déconnectés du réel ; notre société occidentale dont le leitmotiv est ‘le temps c’est de l’argent’ bascule et fait basculer le monde entier dans une course infernale au
‘toujours plus”.
Ce ‘toujours plus’ se traduit par une pollution effrénée alors qu’en même temps les ‘privilégiés’ que nous sommes exigent paradoxalement une sécurité absolue : le risque zéro.
A travers des appareils de plus en plus complexes et payants, (assurances, contrôles, expertises…) nous nous dispensons de toute responsabilité citoyenne ; nous oublions que c’est à travers des gestes quotidiens que nous participons tous, par paresse et facilité, à la fin de notre monde en oubliant que la nature a ses limites.
Il ne sert à rien de se donner une bonne conscience en soutenant le commerce équitable et l’agriculture biologique sans prendre pour axiome la proximité avant toute chose.
Notre attachement, notre revendication quotidienne à ce principe de proximité doit devenir un acte de résistance à l’économie de marché dévastatrice.
Cette économie, que nous soutenons quotidiennement par nos achats irresponsables, et basée sur les profits de quelques uns, nous entraîne à manger, par exemple, un yaourt aux fruits dont les ingrédients, entre eux tous additionnés, ont parcouru plusieurs milliers de kilomètres avant d’arriver jusqu’à notre petite cuillère…
Ivan Illich, dans les années 70, nous avait parfaitement démontré l’absurdité de notre société de consommation dans son ouvrage ‘Energie et équité”. Considérant le temps de travail nécessaire pour financer l’achat et l’ensemble des éléments liés à l’usage d’un véhicule, ainsi que le temps passé dans ce véhicule, il avait traduit que pour faire 10 000 kilomètres il fallait 1500 heures à un citoyen lambda : soit un peu plus de 6 heures 30 pour effectuer un kilomètre : drôle de progrès !
Imaginons le bouleversement de notre monde si chacun de nous s’engageait à consommer localement et que 80% de notre alimentation provenait de produits fabriqués dans un rayon maximum de 150 kilomètres ?
Sans aller jusqu’à porter des vêtements cousus localement, fabriqués avec des fibres produites et tissées régionalement comme le prônait Gandhi dans sa révolution pacifique, déjà, interrogeons-nous sur nos besoins et sur les moyens les plus écologiques de les satisfaire…
Imaginez par exemple que nous revendiquions le droit à consommer essentiellement du carburant vert produit dans nos campagnes ? Plus de guerre du pétrole, plus de marées
noires…
Utopie ou réalité de demain ? Le troisième millénaire sera pour la bio et la relocalisation ou ne sera pas…