N°44
Les coulisses de la bio

5,00

Date de publication : 11-12-2003
Rédacteur : Le Conseil d’Administration de Nature & Progrès
Fonction du rédacteur :

Sommaire :

Débat:pour ou contre la certification officielle de la bio
Initiative : Les paniers à la conquête des villes
Dossier : dans le labyrinthe des garanties
Actualité bio : l’objectif Saddier
Chronique des producteurs : la bio en Europe
Végétal : le topinambour
Cuisine : Elysée Padilla cuisine les topinambours
Témoignage : l’histoire de la bio par une actrice engagée à Nature & Progrès
Société : Cancun, les raisons de la colère
Bio-construction : l’isolation
Initiative : Aspaari, un réseau d’entraide en milieu rural

Rupture de stock

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Description

La crise de confiance entre le monde agricole et les consommateurs, sauf à opérer un changement politique et technique radical, aura-t-elle jamais une fin ?
Comment, en effet, regarder avec considération une profession qui fournit 8 % de sa production avec des taux de pesticides au-delà de la norme réglementaire ? Une profession qui s’apprête à livrer demain, dans nos assiettes, les OGM dont nous ne voulons pas ?
Ce n’est en tout cas pas “ l’accident ” de Saint Romain en Jarez qui nous rassurera : savoir que le producteur conventionnel “ d’à côté ”, le voisin, l’ami, entrepose chez lui, dans le cadre de son activité, de quoi reproduire la tragédie AZF à l’échelle du village, fait vraiment froid dans le dos.
Cette crise n’a qu’une issue possible, une seule réponse acceptable par notre société et cette réponse, c’est la bio ! Une bio qui doit devenir la norme en matière de production de biens et de consommation : une bio qui doit donc se développer largement.
Nous, militants de la fédération Nature & Progrès, sommes pour ce développement que nous avons choisi et qui, dans un avenir à long terme, nous sera (nécessité oblige) probablement imposé : un développement maîtrisé, durable.
La fin du premier plan quinquennal de la bio et la préparation du second qui, sous la pression du législateur, devrait être (trop) rapidement défini avant la fin de l’année, présente à cet égard une opportunité idéale.
Le rapport, rédigé pour cette circonstance par le député Martial Saddier, à la demande du gouvernement, a eu le mérite de contraindre tous les acteurs de la bio à mieux définir leurs positions, leurs visions de l’avenir. En préconisant de faire de la bio une option de l’agriculture raisonnée ; en proposant de la dissoudre dans les structures du conventionnel, la privant ainsi de lieu de réflexion spécifique ; en ôtant la responsabilité de la recherche aux producteurs ; le rapport Saddier a su faire naître un fort consensus contre lui, contre cette bio économique d’opportunité. Mais pour une bio telle que consommateurs et producteurs l’exigent : cohérente en profondeur, techniquement, socialement et écologiquement.
La question qui se pose maintenant est de savoir qui, dans cette lutte aux enjeux notamment économiques, mais plus fondamentalement de société, l’emportera.

Face à l’urgence écologique évidente, nos élus entendront-ils nos arguments ? Ou privilégieront-ils ceux des beaux parleurs qui, aujourd’hui, promettent un avenir doré à cette bio dans laquelle ils s’investiront dès que les contraintes qualitatives trop fortes auront été supprimées ? Autrement dit, quand les centres de décisions auront été déplacés en leur faveur ?
Si cette dernière hypothèse ne peut être, pour le moment, totalement écartée, nous pouvons d’ores et déjà annoncer que Nature et Progrès et une grande partie des acteurs de la bio se mobilisent actuellement pour contrecarrer cette vision réductrice de l’agriculture biologique. Ils l’expriment, notamment à travers la signature d’une plateforme de propositions des partisans d’une bio durable, dont le contenu vous est présenté en page 45 de cette revue. Reste à espérer que cette belle cohésion saura porter ses fruits…