N°49
L’éducation à l’Environnement

5,00

Date de publication : 09-10-2004
Rédacteur : Pégeault
Fonction du rédacteur : Nelly

Sommaire :

Débat : la loi allemande est-elle suffisante pour se protéger des OGM ?
Bio-portrait : Sophie Rabhi et la ferme des enfants
Dossier : L’éducation à l’environnement, une nécessité pour l’avenir ? Ecole et Nature, le 1er réseau d’éducation à l’environnement. Séjours indiens. L’Eco-Parlement des jeunes.
Chronique des producteurs : la bonne santé des prairies
Végétal et cuisine : Les poivrons
Santé : Chasse aux poux
Programme des conférences de Marjolaine
Initiative : les coulisses d’une foire bio
Société : les produits issus d’animaux nourris aux OGM, quels risques pour la santé ?
Petites annonces et jardinage

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Description

Si pour la plupart des français l’été est synonyme de vacances, pour les politiques et les militants associatifs, c’est une période très active… Sur les fronts anti-OGM et anti-nucléaire, la saison estivale n’a pas été de tout repos, même si les média, prolongeant sans doute leur sieste, n’ont pas vraiment contribué à le faire savoir.
Et pourtant ! 36 jours de jeûne pour certains militants de vivre sans nucléaire, n’est-ce pas là un superbe exemple de courage et de détermination ? De là haut, Monsieur Théodore Monod doit saluer bien bas les Michel Bernard, Dominique Masset, André Larivière et autres Marcelin Grousselas… Lui qui, le 6 août de chaque année (date d’anniversaire d’Hiroshima), jeûnait à Taverny devant le PC souterrain de la force nucléaire française en signe de son profond désaccord avec cette technologie insensée. Prenant la relève, ces jeûneurs se sont faits des porte-parole hors du commun de cette lutte sourde et difficile qu’est celle contre l’Etat nucléaire… L’alerte contre le réacteur EPR est lancée et des collectifs se constituent sur tout le territoire français, dépassant les seules forces écologistes, pour organiser la résistance et promouvoir les énergies renouvelables…
Côté lutte anti-OGM, l’été a été très chaud lui aussi. Tandis que le ministre de la Justice appelait tous les juges de France à la sévérité concernant le fauchage (annoncé) des parcelles transgéniques, les faucheurs volontaires sont arrivés en nombre, élus en tête, dans les champs à ‘neutraliser’… plus de 1000 faucheurs à Verdun sur Garonne (82), puis 200 faucheurs dans le Loiret, et 500 dans le Puy de Dôme ! Dix faucheurs ont été convoqués à la gendarmerie, les premiers seront jugés le 16 septembre à Toulouse et deux autres interpellés seront jugés à Riom le 30 septembre prochain… La lutte s’intensifie donc sur cette question, avec une belle victoire à signaler : celle du maire de Bax qui s’est vu conforté par le Tribunal administratif de Toulouse dans son intention d’interdire préventivement les OGM sur sa communes. Une association de maires opposés aux OGM est en cours de constitution, de nombreux Conseil Généraux et déjà 13 Régions ont adopté des vœux contre les OGM…

Tous ces combats ne se font pas sans heurt. Les jeûneurs de vivre sans nucléaire, José Bové ou René Riesel le savent bien, qui n’ont pas manqué d’y laisser quelques plumes. Les choses doivent changer très profondément pour que ces luttes aient une portée à la hauteur des enjeux sociaux et environnementaux qui frappent à nos portes. Et c’est là que l’éducation à l’environnement, thème de cette revue, devient cruciale. Depuis la Conférence des Nations–Unies à Stockholm en 1972, l’éducation à l’environnement est présentée comme l’une des priorités pour faire face à la crise écologique planétaire qui se fait jour. Et pourtant, c’est seulement le 13 juillet dernier, par une circulaire adressée à toutes les Académies et aux Chefs d’Etablissements que le Ministre de l’éducation a annoncé, pour cette rentrée, ‘la généralisation de l’éducation à l’environnement pour un développement durable’… 32 ans après : il était temps !
Car le travail des éducateurs, enseignants ou animateurs militants dans cette discipline va bien au-delà de l’apprentissage de quelques gestes à pratiquer pour éviter les pollutions. Ils ont un vrai message à délivrer : celui de Dame Nature ! Et chacun sait, qui a su l’écouter, à quel point ce message est à contre courant de nos pratiques individualistes actuelles. Si Dame Nature pouvait, auprès de nos enfants, retrouver le rang d’éducatrice qu’on n’aurait jamais du lui faire quitter, alors, oui…l’avenir pourrait bien prendre un visage plus souriant !
Les articles sur Sophie Rabhi et son école à la ferme ou ceux présentant l’action du réseau Ecole et Nature devraient vous éclairer sur cette approche si particulière de l’éducation à l’environnement, sur ce sens de l’essentiel que ces éducateurs savent éveiller chez nos enfants, tout en les rendant plus forts et plus heureux d’être. Bonne lecture.