N°52
Bio et Solidarité

6,00

Date de publication : 04-05-2005
Rédacteur : Didier Guilet
Fonction du rédacteur : Président de Nature & Progrès

Sommaire :

Débat : pour ou contre le traité constitutionnel
Dossier : la bio solidaire – La force du groupe – ‘School”, des bio au service de l’économie solidaire – Les Jardins de Cocagne, du lien à la terre à la réinsertion sociale
Chronique des producteurs : Brésil, les médicinales au secours de la forêt
Témoignage : ‘Slow Food’
Société : Objectif Bio 2007, généraliser la bio sur le territoire français
Info bio : les marchés bio d’Ile de France
Initiative : reverdir le Sahel
Bio construction : de l’ocre à la couleur
Végétal et cuisine : le basilic
Jardinage
Agenda

Rupture de stock

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Description

L’Europe est un grand et beau projet, et sans doute faut il, avant toute analyse, se féliciter que des hommes, des femmes, l’aient pensé, rêvé, et réalisé. Pour mémoire, c’est avant même le traité de Versailles, officialisant la fin de la guerre, le 28 juin 1919, que des militants des mouvements pacifistes, profondément marqués par les atrocités des combats, ont commencé à œuvrer pour ‘ rapprocher les états et assurer la paix sur le continent “.
Cette idée de paix a été reprise lors de la création de la Société des Nations, en 1919, et renforcé par l’adhésion de l’Allemagne, exclue dans un premier temps, en 1926 : c’est sans doute à l’affaiblissement de cette idée et parallèlement a la crise économique et a la montée des fascismes, (qu’il a peut être facilité ?) que nous devons la seconde guerre.
Dans l’entre deux guerres, l’idée a germé que des accords économiques, instituant des échanges réciproques entre certains pays européens, devraient aboutir au renforcement de la paix. Cette position a amené la création du premier traité officiel, du charbon et de l’acier en 1950, puis au marché commun en 1957.
C’est à partir de ce moment que la première motivation s’estompe, pour une structure de plus en plus tournée vers l’économie.

Il m’a semblé devoir, alors que se débat actuellement le projet de constitution européenne, me souvenir. Pourquoi et comment être européen ?

La force de l’Europe à vingt-cinq, l’Union, sera toujours sa faiblesse, un nécessaire compromis, si évident dans le projet de constitution. A chacun d’entre nous de se situer dans cet échiquier, si complexe, mais sans oublier la valeur de l’héritage. Nous y trouverons tous, à titre personnel, du bon et du mauvais, et sur les principes, et sur la forme, de manière parfois difficilement conciliable (mon désir de solidarité, impliquant un partage et la défense de mes acquis…). Le choix ne sera pas simple !

Comment faire de l’Europe un outil conforme à nos aspirations ? Paradoxalement, cela me semble être en investissant sur… le local !
L’Europe n’est parfois qu’un paravent commode, pour qui ne voudrait pas assumer ses contradictions. Ainsi un pays ayant une position claire sur, par exemple, la volonté de mettre en place une agriculture 100% bio, aurait-il plus de chance de voir ses projets être cooptés par les autres nations, qu’un pays qui ne défendrait la bio que dans un souci de communication.
C’est pourquoi la fédération Nature & Progrès se lance, avec ses partenaires d’Objectif Bio 2007 (voir article page 28) dans une vaste campagne de sensibilisation des élus et du public sur les bienfaits – à vrai dire à peine imaginables, tant ils seraient nombreux – d’une conversion totale de l’agriculture française à la bio. A charge pour ces élus, de transmettre, avec cœur et enthousiasme auprès de la commission et du conseil, une raison de fierté extraordinaire pour l’ensemble des européens. Utopiste penserez vous ! Oui sûrement, comme a pu l’être l’idée de l’Europe en 1918 !