N°53
Climat : état d’urgence

6,00

Date de publication : 06-08-2005
Rédacteur : Nelly Pégeault
Fonction du rédacteur : Rédactrice en chef

Sommaire :

Débat : pour ou contre la taxe sur les 4X4
Dossier : – Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre ? – Le réchauffement climatique – L’énergie, une affaire de citoyens
Dossier climat :- Des ondes et des sons au service des plantes : une solution en cas de sécheresse ? – Les énergies renouvelables, une vraie mine d’emploi ?
Initiative : le co-voiturage, une idée qui progresse ?
Info bio : les distributeurs et magasins bio sous contrôle privé
Découverte : de Saint Louis au parc du Djoudj
Végétal : les asperges
Bio-construction : le concept des maisons bioclimatiques
Agenda
petites annonces

UGS : 22 Catégorie :

Description

L’affaire du réchauffement climatique est tout à fait symptomatique du décalage entre la réalité du terrain et la mise en œuvre de politiques aptes à agir sur cette réalité. Le protocole de Kyoto est à peine ratifié que ses objectifs sont déjà dépassés par rapport à l’ampleur du phénomène qu’ils sont censés réguler. Car réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5, 2 % d’ici à 2012 ne permettra d’abaisser que de 0,2 degrés une hausse de température estimée entre 1,4 et 5,8 degrés d’ici 2100 ! De plus, tant que les USA refuseront de s’asseoir à la table des négociations, ni l’Inde, ni le Brésil ne s’engageront dans la réduction de leurs rejets de CO2. Enfin, les efforts de nos politiques s’arrêtant là où commencent les intérêts économiques des firmes, nous pouvons raisonnablement être inquiets quant aux solutions proposées. A les entendre, toute problématique trouvera forcément sa solution dans les nouvelles technologies sur lesquelles nous pourrons compter pour juguler la crise. En France, la solution nucléaire est portée haut, qui remédiera concrètement à l’approvisionnement énergétique quotidien des ménages sans générer de rejets de CO2. Si, si. Et d’ailleurs, c’est ce qui motive la construction d’Iter, à Cadarache (13). On n’a toujours pas réglé la question des déchets nucléaires que déjà nous voilà propulsés dans l’ère de la fusion atomique ! Pour un coût forcément astronomique. Concernant les transports, qu’on se rassure là aussi, la voiture propre est en bonne voie… Puis il y a aussi les piles à combustibles, sans oublier la captation puis le stockage souterrain du CO2 ! On nous annonce même le recours aux biotechnologies dans la chasse aux émissions de gaz à effet de serre : après avoir canalisé les fumées des industries pour les faire passer dans une sorte de bioréacteur, des enzymes issues du génie génétique pourraient se charger de transformer le coupable CO2 en inoffensif bicarbonate ! Le secteur industriel se frotte les mains devant le marché prometteur qu’est celui de la lutte contre l’effet de serre !

Pendant ce temps, un communiqué de l’Agence Internationale de l’Energie, instance habituellement plutôt modérée, préconise le co-voiturage, et même la gratuité des transports en commun : si ce n’est pas là un véritable signal d’alarme !
Que les politiques soient à la remorque des grands enjeux de notre société, n’est, hélas, guère nouveau. Il nous faudra faire avec. Ou plutôt sans. L’expert Benjamin Dessus, qui intervient dans cette revue, pense que la maîtrise de l’énergie doit devenir l’affaire du citoyen. Qui a un vrai rôle à jouer dans cette partie. Ce numéro donne certaines pistes qui ouvrent la voie vers un changement de comportement à notre portée. L’enjeu climatique, à travers les solutions qu’il implique, peut redonner la main à l’action individuelle, associative et locale. Nature & Progrès l’a bien compris qui se focalise aujourd’hui, à travers le respect de sa charte, sur la maîtrise de l’énergie et ‘la chasse au gaspi’ dans les fermes sous sa mention.
Et si cette échéance impressionnante n’était qu’un défi lancé à l’homme pour transformer sa relation à la terre, questionner son mode de vie et le sens même de son existence ? Les politiques, pour des raisons de logiques économiques, croient aux solutions technologiques. Nature & Progrès et les écologistes, assez généralement, misent plutôt sur les solutions humanistes. La crise majeure que nous vivons apportera probablement une ultime réponse à ce questionnement…