N°62
Puçages, fichages et dérapages

6,00

Date de publication : 04-05-2007
Rédacteur : Pegeault
Fonction du rédacteur : Nelly

Sommaire :

Portrait : je refuse de donner mon ADN
Dossier : des moutons et des hommes, contre l’identification électronique des animaux et des humains
Dossier : le fichage dès l’enfance
Lecture : pesticides, révélations sur un scandale français
Nouvelles d’ailleurs : Rencontres au Mali
Société : résistons à l’exclusion par les normes industrielles
Ecoconstruction : faut-il jouer le label ?
Mobilisation : moratoire pour un printemps sans Ogm
Agenda
Petites annonces
Végétal : l’ail des ours

Rupture de stock

UGS : 31 Catégorie :

Description

Puçage électronique des animaux, fichage ADN, soumission aux normes industrielles, aux biotechnologies, aux nanotechnologies, à l’EPR et bientôt aux machines à voter sur lesquelles le contrôle citoyen devient impossible : pas à pas, la fameuse démocratie dont notre pays se ‘tarte à la crème”, s’effiloche dangereusement…
L’agriculture biologique ne peut pas vivre dans une telle société qui détruit le vivant. Pour dénoncer le diktat des OGM dans nos champs et nos assiettes, contre la volonté de 86 % des français et 62 % de paysans, et pour le seul bénéfice de sociétés semencières devenues omnipotentes, des hommes et des femmes, paysans et simples citoyens, dont notre ami Guy Kastler, sont entrés en grève de la faim le 14 mars dernier… Le même jour, Lucie Aubrac nous quittait. En pensant aussi à Benjamin Deceuninck que vous découvrirez dans ces pages, le thème de la résistance, vibrant d’actualité, s’imposait donc naturellement à cet édito… Parole à Lucie Aubrac et à ses compagnons :

Extraits de l’Appel des Résistants aux jeunes générations (du 8 mars 2004)

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. […] Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 :
– Sécurité sociale et retraites généralisées,
– contrôle des ‘féodalités économiques”,
– droit à la culture et à l’éducation pour tous,
– une presse délivrée de l’argent et de la corruption,
– des lois sociales ouvrières et agricoles, etc.
Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau ‘Programme de Résistance ‘ pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
‘ Créer, c’est résister. Résister, c’est créer “.

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.