N°65
OGM, nanos, organismes synthétiques : dérives en biotechnologies

6,00

Date de publication : 11-12-2007
Rédacteur : Jordy van den Akker
Fonction du rédacteur : Administrateur de N&P

Sommaire :

Lecture : extrait de ‘La faim, la bagnole, le blé et nous’
Recherche : les agrocarburants au risque des invasions biologiques
Dossier : comment le labo s’est emparé du champ du paysan
Dossier : après les Ogm, les nano-aliments
Dossier : la première espèce créée par l’homme
Initiative : pour des cantines bio approvisionnées localement
Ecologie : Vincent Albouy, l’ami des insectes
Végétal : les carottes
Agenda
Jardinage

UGS : 35 Catégorie :

Description

Aussi satisfaites puissent s’être montrées les associations ayant participé au Grenelle de l’Environnement, quelles suites pourront bien avoir les propositions retenues par le gouvernement pour amorcer le virage écologique français, quand en parallèle la commission Attali ‘Pour la libération de la croissance française’ préconise notamment ‘la suppression des contraintes à la création de nouvelles grandes surfaces afin de libérer la concurrence’ ? L’équation impossible de la croissance illimitée dans un monde fini est encore bien vivace. Et pourtant, le rapport de l’homme à la nature est bien au cœur de cette question.

Nature & Progrès défend un projet de société écologique et social cohérent. Une telle idée semble ambitieuse, irréaliste pour certains ou utopiste pour d’autres. Le projet a le mérite d’exister, d’être élaboré collectivement, en transparence, et d’être communiqué. Mais le projet dominant de société : qui le conçoit, qui le construit en finalité ? Car il ne reflète en rien la position des populations qui se voient imposer certaines applications technologiques comme les OGM, par exemple, qu’elles continuent de refuser. Autre illustration, le projet de constitution européenne : pourtant marqué par le NON au référendum français et hollandais, ne vient-il pas de passer, sans consultation des citoyens, sous forme de traité simplifié ? Qui est derrière ce passage en force de la mise en œuvre du projet néolibéral ? Et quelles technologies sont au service d’un tel projet économique ? ‘Il est important que le principe de précaution soit repensé pour qu’il ne soit pas un obstacle à la croissance’ signale Jacques Attali à Nicolas Sarkozy, qui n’envisage pas l’évolution de l’agriculture sans OGM ni nanotechnologies (1) que ce principe de précaution menace. Le lien entre certains développements technologiques et croissance économique est ici parfaitement explicite, qui ne veut pas s’embarrasser de morale.

Et c’est cela que le présent dossier cherche à démontrer : à quel point la science, et donc l’avenir, est aux mains des intérêts des multinationales. C’est bien l’argent qui s’avère le seul pilote du vaisseau Terre : c’est lui qui dicte les orientations technologiques de l’avenir, via les firmes privées qui ne supportent pas la constestation scientifique et saquent les chercheurs qui ne partageraient pas leurs visées égémoniques (Cf. pages 26 à 28). Selon le groupe ETC, dont l’excellent travail est ici traduit par Sylvette Escazaux : ‘la biologie synthétique est en train d’être développée sans débat sociétal approprié”. Guy Kastler, lui, démontre que : ‘Ce sont nos champs qui deviennent une extension des laboratoires qui y imposent et expérimentent leurs dernières trouvailles à grande échelle”. Quant à Christian Berdot, il affirme que ‘300 nano-aliments sont déjà sur le marché”, lequel ‘s’élevait déjà à 5,3 milliards de dollars US en 2005 et atteindra les 20,4 milliards en 2010″. Pour finir, Eric Meunier trace le parcours d’Ignacio Chapella ‘un chercheur qui veut pouvoir chercher”, mais qui en est empêché depuis que la science est tellement dépendante des pouvoirs financiers qu’elle ne sert plus qu’à ‘valider les techniques sans se poser de questions”.
Un dossier apparemment technique, mais dont la vulgarisation est nécessaire à une meilleure prise de conscience, pour que se construisent les alternatives, cette fois sur des positionnement de masse – tel les 80% de citoyens qui refusent les OGM – qui donnent une pleine légitimité à nos luttes face aux instances gouvernementales.