N°66
Les pollutions électromagnétiques

6,00

Date de publication : 01-03-2008
Rédacteur : Richard Mariette
Fonction du rédacteur : Président de Nature & Progrès

Sommaire :

Lecture : savoir acheter, le guide des étiquettes
En question : le Grenelle de l’environnement
Actualité : OGM, où en est-on ?
Dossier : non, le portable n’est pas bio !
Dossier : ampoules basse consommation, gare à l’allumage !
Santé : l’indispensable chlorure de magnésium
Découverte : Goodbye Paris, hello Nilgiris !
Cuisine : les recettes biogourmandes de Valérie Cupillard
Végétal : les plantes frimpantes
Jardinage : les gestes du jardinage
Agenda
Petites annonces

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Description

Où va la vie ?

Nous participons à une association qui nous tient à cœur. Nous militons à Nature et Progrès pour certains, depuis de nombreuses années, dans le but de faire disparaître cette agrochimie de la mort, faite de molécules qui tuent, censées nous apporter la nourriture, source de vie.
Cette exception dans les systèmes agraires humains a été pensée par l’industrie, dont la puissance est devenue quasiment illimitée grâce à une source d’énergie extraordinaire et bon marché : le pétrole.
Après 40 années de lutte, dénonçant les impacts négatifs et souvent irréversibles sur l’environnement et la santé, nous pouvons, avec d’autres, bien sûr, être fiers : le message est passé. Chacun sait aujourd’hui, ou presque, que les pesticides sont dangereux, que les pollutions de toutes sortes dues à nos modes de vie et de consommation, ne peuvent plus durer, que le climat est atteint, que la pénurie alimentaire pointe à un horizon qui se rapproche dangereusement.
Et pourtant, rien ne change, ou si peu, et si lentement. C’est que la machine s’est emballée ! Personne ne peut plus l’arrêter. Aucune autorité ne sait trouver la pédale de frein.
Nous vivons une interdépendance planétaire indéfectiblement liée au rythme même de la machine que nous avons mise en route, et dont le seul réglage viable que nous connaissions est la croissance exponentielle. Nous sommes condamnés à l’accélération perpétuelle.
Et nous en rajoutons chaque jour : il faut nourrir la machine, et si elle donne des signes de faiblesse, le pétrole devenant cher, mettons la nourriture dans nos moteurs !
Après avoir spolié les terres de tous les insolvables de la planète, après avoir uniformisé la « culture » et asservi tous les peuples à notre obligation de croissance, nous nous automutilons avec délectation : quel bonheur de pianoter sur son portable, de surfer sur le net et de pouvoir choisir parmi 350 chaînes de télévision, de pouvoir converser de manière virtuelle avec un étranger du bout du monde, d’être en ligne…, d’être en phase, partout, et avec tous !
Et même le militant écologique de base fonce avec le reste du troupeau, pour ne pas être en reste, pour faire passer ses idées, car son message est important. Cela ne saurait attendre, sinon le monde se fera sans nous : alors courons, volons, pianotons !…et pour nous reposer un peu, prenons l’avion pour aller nous détendre quelque part… ailleurs… sans oublier notre portable bien sûr, histoire de ne pas se déconnecter des ondes électromagnétiques qui nous entourent (voir dossier de ce numéro).
Mais où va la vie ?
Nous rêvions de calme et de verdure, de convivialité, de solidarité, de poignées de mains franches et de discussions au coin du feu, et nous avons accepté l’emprise de la technique et du virtuel.
Ne sommes-nous pas bien là où nous sommes ? Avons-nous définitivement perdu le rapport à la réalité, au bonheur du quotidien, à l’approche du « proche » ? Ne luttons- nous pas déjà pour un monde dont nous nous sommes exclus par le concept et l’intellect ? Serons-nous vraiment capables un jour, de cultiver notre jardin, et d’y être heureux ?