N°71
La bio made in Europe

6,00

Date de publication : 01-03-2009
Rédacteur : Richard Marietta
Fonction du rédacteur : Président de N&P

Sommaire :


Initiative : Terre de liens, une réponse à l’installation paysanne
Société : l’éthique bio pervertie par l’industrie de la cosmétique
Témoignage : la Bio au coeur des faucheurs volontaires
Ecologie : Climat, la présidence française frileuse face au réchauffement
DOSSIER : 2009, la Bio fourvoyée
DOSSIER : entre bio industrielle et bio version N&P, quelles différences ?
DOSSIER : nouveau règlement bio, qu’en dit la FNAB ?
Vie associative : ça fourmille à N&P Aude !
Cuisine : les recettes de Valérie Cupillard
Végétal : la poire melon
Agenda
Petites annonces

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Description

En ce début d’année 2009, le pouvoir d’achat baisse et la crise économique s’installe tranquillement en profondeur à peu près partout.
Quelques querelles de voisinage font polémique, certes, mais l’ordre est aussitôt rétabli. La troisième puissance militaire mondiale est attaquée de plein fouet par des terroristes, engendrant la mort de quatre personnes en quelques mois. La réponse est à la hauteur des moyens : plusieurs dizaine de victimes d’un coté, plusieurs milliers de l’autre. Des voix s’élèvent par-ci par-là: on crie au génocide. On prend note : cela ressemble effectivement à un génocide… mais les puissants ne font rien ! N’y aurait-il pas des intérêts économiques coincés dans la balance de la justice ?
Bien loin de nous, sous des latitudes proches de l’équateur, des populations autochtones regardent passer les camions de bois qui commencent un long périple autour de la planète : ce bois sera tranché au Portugal, plaqué en Chine, assemblé en Europe de l’est, et vendu par les Suédois aux quatre coins de la planète sous forme de mobilier de jardin ou de meubles très « tendances ». Ce pillage organisé suscite quand même quelques remarques : les associations s’indignent, les militants militent : le réchauffement planétaire, l’autonomie des peuples, etc. Mais attention, vous n’avez pas compris, c’est pour la bonne cause : chaque arbre abattu est aussitôt remplacé par un palmier à huile, qui produira un merveilleux carburant vert capable de suppléer au gaspillage de l’énergie fossile. C’est du développement durable! Quant aux peuples locaux, ils étaient mal nourris, et nous leur offrons le meilleur de notre technologie: des boîtes de maïs et du coca ! Ils ne vont quand même pas se plaindre !
Même si plus grand monde n’est dupe, ça continue allègrement. N’y aurait-il pas des intérêts économiques coincés dans la balance ?
Heureusement, les élections américaines viennent enfin de porter au pouvoir un homme de droit, épris de justice sociale, nourri de conscience planétaire, et dévoué au développement durable.
Après tant d’années de négations, de chasse aux sorcières, de guerre aux terroristes et de pillage généralisé, voici l’espoir qui renaît : l’Amérique et le monde vont trouver une autre direction, plus juste plus humaine, plus durable.
On ne peut que se féliciter !
N’y aurait-il pas un problème cependant ? Ce président a bien été élu, me semble-t-il, essentiellement sur la crédibilité de son programme de relance de l’économie américaine et de retour à la croissance.
La croissance… la croissance… J’ai déjà entendu ce mot-là quelque part. Ne serait-elle pas synonyme aujourd’hui de développement durable ? N’est-ce pas elle, cependant, qui engendre l’injustice et la misère, l’épuisement des ressources et le réchauffement climatique, la fuite en avant et la négation de la raison ?
Ce bon président, soutenu par tous les vœux de l’humanité, ne se serait-il pas engagé entre le marteau et l’enclume?
N’y aurait-il pas quelques intérêts financiers essentiels coincés entre l’équité, la justice sociale et une véritable économie durable d’une part, et la croissance économique d’autre part ?
Nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’il faut se détourner rapidement de la croissance de la marchandisation incontrôlée.
Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience des risques catastrophiques liés au système de civilisation dominant.
Nous devons être de plus en plus nombreux à agir, chaque jour, pour tenter de dévier cette trajectoire dangereuse.
La nouvelle réglementation bio est l’exemple de la perversion du système qui absorbe notre bio éthique et l’englobe dans le contexte marchand de la croissance à tout va.
Le dossier de ce numéro essaie de clarifier les choses et porte une lueur d’espoir dans ce monde où, décidément, tout va très bien ! Bonne lecture à tous.