N°77
Politiquement correct le nucléaire ?

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Date de publication : 04-05-2010
Rédacteur : Richard Marietta
Fonction du rédacteur : Président

Sommaire :

Lecture : La riposte des paysans
Réflexion : Vivre ‘Bio”, mourir ‘Bio’
En régions : Cantines Bio … Logique !
DOSSIER : Politiquement correct, le nucléaire ? – Effet de serre et nucléaire – Nucléaire et démocratie – la leçon de Tchernobyl – La catastrophe nucléaire est possible, on nous y prépare! – Le sale coût du nucléaire – L’impossible « non-prolifération » – – Les aliments irradiés à la loupe – Les négaWatts, notre premier gisement d’énergie ! …
– témoignage : Mexique : Santo Maïz ou Monsanto ?
– Initiative – Inde : Une BIOschool pour les petits paysans
Et toujours : jardinage, recettes biogourmandes, petites annonces, agenda, courriers des lecteurs…

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Description

Alors que les raisons anthropiques du changement climatique semblent acquises malgré les âpres discussions concernant son degré d’influence, les moyens mis en œuvre pour y remédier ne sont pas à la hauteur des enjeux.
La récente suppression du projet de taxe carbone montre bien la difficulté du politique à mettre en œuvre des mesures efficaces, sans soulever le tollé de tous les défenseurs des intérêts à courts termes. Industrie, compétitivité, licenciements, pouvoir d’achat etc., il semble bien difficile de faire une omelette sans casser des œufs !
Mais les œufs cassés ici sont des humains, souvent en proie à des conditions de précarité insoutenables. Allons-nous cependant améliorer ces conditions en remettant aux calendes grecques les mesures urgentes qui pourraient concourir à éviter la catastrophe annoncée? La récession économique des pays riches est enclenchée, et il va bien falloir s’en accommoder. Le plus important sera sans doute de développer une véritable solidarité pour éviter au maximum les injustices et les exclusions… Et là, il y a beaucoup à faire !

La cause essentielle de nos problèmes actuels, c’est évidemment l’énergie et la raréfaction des ressources naturelles en général. Et nous n’avons toujours qu’une seule terre ! Comme nous ne connaissons pas de formule magique pour supprimer immédiatement la croissance matérielle de nos sociétés sans remettre en question de manière fondamentale nos habitudes de vie, ça frotte, ça tire, parfois ça casse… et ça fait mal !
De toute façon, même si les matières premières étaient inépuisables, les pollutions et dégradations généralisées de l’environnement, au rythme actuel, rendraient la vie impossible à long terme.

Sans changement du paradigme de la croissance, la solution nucléaire paraît la moins mauvaise : presque pas de gaz à effet de serre, une production régulière et abondante d’électricité, et une ressource quasi infinie avec, pour demain, l’espoir technologique de la fusion. Les nantis n’auraient rien à changer à leurs habitudes et on pourrait continuer à faire croire qu’elles sont accessibles à tous.

Sauf que c’est aussi la plus dangereuse des solutions. Elle repose sur la croyance que la science est toute puissante, qu’elle va continuer à progresser de manière constante, et pourra ainsi résoudre demain toutes les questions non solutionnées aujourd’hui. Elle implique donc la certitude de la fin de la « crise » et du retour à la croissance, qui seule pourra générer les investissements énormes nécessaires à la relative sécurisation des installations.
Cela relève de la plus inconsciente utopie. Comment croire que cette accumulation de « bombes » que nous laisserons à nos enfants pour les siècles des siècles pourra être éternellement maîtrisée? Comme il est plus que probable que l’obligatoire rééquilibrage entre la production disponible et la démographie planétaire, dans un monde globalisé, nous conduira à une récession économique longue et douloureuse, il sera quasiment impossible, demain, d’assurer le suivi et l’entretien corrects de cette multitude de machines infernales que nous aurons créées.

Tchernobyl serait-il déjà oublié ?