N°80
Environnement & Santé : un lien en voie de reconnaissance ?

6,00

Date de publication : 11-12-2010
Rédacteur : Richard Marietta
Fonction du rédacteur : Président

Sommaire :

Lecture : Sortir de la société de consommation
Echos bios : L’ONU prône l’agro-écologie pour nourrir le monde
Réflexion : Entre normes et financiarisation, les dessous de la PAC 2013
Opinion : Nagoya : La Biodiversité n’a pas de prix !
DOSSIER : Environnement / santé : un lien en voie de reconnaissance ?
Le temps des victimes. Pourquoi il faut encore et toujours signer l’Appel de Paris.
Perturbateurs endocriniens : un enjeu majeur pour la santé publique et la santé de l’écosystème
Les aliments irradiés, quels impacts sur la santé et l’environnement ?
Médecine et agriculture, une même dérive chimique
L’indéniable qualité des produits de l’agriculture biologique
Les soucis réglementaires des alternatives aux pesticides
Faites-le vous-même ! Les détergents
Et toujours, les rubriques végétal, cuisine, agenda et petites annonces.

UGS : 56 Catégorie :

Description

Aujourd’hui, la terre est à vendre au plus offrant.
En fonction de votre bourse et des lois du marché, vous pouvez acquérir, n’importe où, une parcelle de terre et en faire (presque) ce que vous voulez. Vous pouvez décider de la cultiver ou de la laisser en friches.
Si vous êtes hygiéniste et amoureux de la propreté, vous pouvez choisir d’y épandre, tout à fait légalement, les produits nécessaires à la stériliser en tuant toute vie : votre terrain sera net ! Si vous êtes écologiste, adepte du développement durable et sauveur de l’environnement, vous pourrez laisser pousser les herbes folles et vous enorgueillir de n’y faire aucun traitement ! Il vous sera cependant conseillé d’entretenir un minimum. A cette fin, on vous proposera d’acquérir toutes sortes d’engins, venus de partout et alimentés en énergie fossile ou nucléaire, susceptibles, au moins, de vous donner la sensation de dominer la nature !
Mais s’il vous prend, d’aventure, de vouloir faire tondre votre herbe par un mouton, alors, la situation se complique. Car vous devenez éleveur ! Imaginez que vous vouliez un jour manger ce mouton, qui plus est entre amis, et vous tomberez alors sous les fourches de la réglementation : on ne badine pas avec le suivi sanitaire et la traçabilité ! Votre mouton devra donc être impérativement identifié avec 2 boucles d’oreilles, dont une électronique ; il devra entrer dans le système de prophylaxie obligatoire comprenant analyse de sang régulière et vaccination contre l’épizootie en cours ; s’il atteint plus de 30 kg, vous devrez le faire abattre dans un établissement agréé, en le transportant dans un véhicule homologué et dument désinfecté ! Vous pourrez être contrôlé à tout moment, et, en cas d’infraction, serez redevable de pénalités financières ou judiciaires. On ne s’improvise pas éleveur !
Le méchoui vous décourage ? Inutile de devenir végétarien. Allez donc chercher, au super marché du coin, une côtelette sécurisée, labellisée et « tracée », en provenance de Nouvelle Zélande ! Mieux encore, mangez du cochon ! Son prix n’ayant pas augmenté depuis 40 ans, vous ferez des économies. Une aubaine ! De plus, il est aujourd’hui produit « localement » de manière totalement industrielle dans des usines hautement contrôlées, stérilisées, désinfectées, avec une nourriture aux normes standardisées, de toute provenance, U.E. et non U.E. Que demander de plus ?
La nourriture la plus sécurisée nous arrive de tous les coins du monde, à notre porte, pour moins chère qu’une bouchée de pain. C’est la concurrence, libre et non faussée ! Après, chacun se débrouille comme il peut : l’éleveur avec un prix de vente fixé sur les cours internationaux, inférieur à son prix de revient, qui le contraint à la fuite en avant par l’agrandissement et l’endettement… ou à disparaître, comme 30 000 paysans chaque année dans notre pays depuis un demi siècle ; et le consommateur, avec les étiquettes codées, indéchiffrables sans initiation préalable, sa conscience, ses peurs et ses doutes.

L’alimentation est devenue une marchandise comme les autres et peu importe son origine, ses méthodes de production ou son impact social ou environnemental, pourvu qu’elle ne soit pas chère ! Qu’elle soit sans vie, dénaturée et stérilisée thermiquement, chimiquement ou par irradiation, l’essentiel est qu’elle soit sécurisée et standardisée. Qu’une telle nourriture insipide, morte et sans âme, puisse avoir une quelconque répercutions sur la santé est hautement improbable ! Il faudrait d’ailleurs le prouver ! Et puis la santé est une affaire de spécialistes… à qui elle rapporte beaucoup d’argent!

La corrélation entre alimentation et santé commence cependant à faire de plus en plus parler d’elle…

Bonne lecture.