N°92
Europe : les OGM en embuscade

6,50

Date de publication : 04-05-2013
Rédacteur : Richard Marietta
Fonction du rédacteur : président de Nature & Progrès

Sommaire :

Initiative : la ferme pilote de Guié pour un Sahel plus fertile
Transition : Détroit, modèle mondial de résilience ?
Réflexion : droits de propriété intellectuelle, le cul-de-sac
Dossier : quand les OGM avancent… cachés !
Dossier : comprendre les méandres de l’étiquettage avec ou sans OGM
Santé : la double peine des malades de la borréliose
Mobilisation : l’aluminium des vaccins responsable d’une nouvelle maladie
Bio-portrait : Nature & Progrès Tarn, une quarantaine florissante
Faites-le-vous-même : faire ses yaourts et autres laits fermentés
Végétal : l’oignon
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Description

Les scandales sanitaires et alimentaires se succèdent depuis des années à un rythme de plus en plus soutenu. Les abeilles continuent de mourir, comme nos campagnes, qui se dépeuplent sans interruption depuis 60 ans. Malgré certaines directives et réglementations semblant aller dans le bon sens, la quantité de pesticide déversée dans la nature ne se réduit pas. Les OGM se développent lentement, mais au quotidien, souvent cachés, détournés, non identifiés.
Les politiques agricoles, comme les syndicats majoritaires, restent attachés à une Europe de la concurrence et du libre échange assortie cependant d’aides variables devenues indispensables et dont la dépendance rend impossible toute velléité de changement profond.
Comme dans tous les autres domaines, la financiarisation des secteurs agricoles, alimentaires et environnementaux, bien que fortement dénoncée et critiquée par les médias, les ONG et une part importante de l’opinion publique, continue à se développer à grande vitesse. Les poches déjà bien gonflées de quelques-uns débordent aujourd’hui, éclaboussant d’impudeur les innombrables sacrifiés de la crise endémique du système.

Tous les voyants sont au rouge, la conscience de la nécessité du changement est profonde et omniprésente… et pourtant rien ne bouge ! Le citoyen se contente de promesses qu’il sait bien impossibles, et se gorge de l’espoir du retour à la croissance salvatrice. La réalité fait peur à voir, les montagnes enracinées semblent inamovibles, l’impuissance fait baisser la tête.
Alors on se contente de revendiquer du pouvoir d’achat, la sécurité des biens, des personnes et de l’emploi. Face à la paupérisation ambiante, est-il encore possible d’espérer le bien être d’une douce consommation inconsciente issue d’une période de pillage et de gaspillage ? Comme si rien n’avait changé. Comme si l’on espérait toujours sortir d’un mauvais rêve!

Face à cette insondable léthargie amnésique, je m’émerveille de voir les combats obstinés, les volontés farouches, les initiatives populaires, individuelles ou collectives, de ceux qui ont compris qu’il ne fallait rien attendre, ou si peu, du pouvoir politique, et encore moins, bien sûr, de la puissance de l’argent. De partout, des voix s’élèvent, encore bien trop isolées, mais puissantes et claires, qui redistribuent les cartes, réapprennent à partager, à apprendre ensemble, à transmettre, à résister. Des bouillons de culture qui réinventent la vie.

Nature & Progrès fait partie de longue date de ces perceurs de carapaces qui repoussent les limites et reconstruisent inlassablement les chemins de l’humain. En recherche permanente pour proposer un autre modèle social, plus équitable, plus juste et plus sain, notre Fédération se veut à l’écoute des nouvelles sources magiques qui jaillissent ça et là dans ou autour des groupes locaux, porteuses d’espoir et de renouveau.

La malbouffe n’est pas une fatalité, pas plus que la dissémination de molécules dangereuses, les nombreuses atteintes à l’environnement ou la disparition des paysans. La recherche des moyens d’action ne fonctionne pas seulement dans le sens du pouvoir et de l’argent. Elle peut être rebelle, pugnace, porteuse de vie et d’espoir. Il suffit du courage de le vouloir. Nous voulons être de ceux qui le partagent.