N°95
Voyages en alternatives

6,50

Date de publication : 11-12-2013
Rédacteur : Richard Marietta
Fonction du rédacteur : Vice président de Nature & Progrès

Sommaire :

Bio portrait : les beaux fruits des Burri
Info bio : Nature & Progrès s’inscrit dans la bio mondiale
Santé : vaccination, l’administration entre déni et propagande
Dossier : souscrire à un autre modèle énergétique
Dossier : le village d’Emmaüs Lescar-Pau, un bouillonnant creuset alternatif
Dossier : vive la guerilla gardening, la révolution jardinière !
Dossier : focus sur la Nef, une banque résolument alternative
Entretien : Reporterre, un quotidien en ligne, oui, mais d’écologie !
Nature : halte au massacre des ibis sacrés
Faites-le vous-même : les biscuits aux algues
Végétal : le chou
Agenda
Petites annonces

UGS : 71 Catégorie :

Description

Monde de paradoxes, société de controverses, multiplication des problèmes dans l’accélération de l’histoire, foisonnement des réponses à la vitesse du «?net?», nous vivons sans aucun doute la plus grande mutation de toute l’histoire de l’humanité.
Jamais les moyens n’auront été aussi importants pour tenter d’anéantir la logique du vivant, pour détruire la nature et l’humain, pour faire disparaître toute trace de particularité et de ressenti, pour asservir l’homme à la croissance d’une économie matérialiste. Jamais le malaise sociétal n’aura été aussi généralisé ni vécu dans chaque quartier comme aux quatre coins du monde, engendrant des réactions aussi inattendues que variées, porteuses du désarroi de l’individu mais aussi d’une farouche volonté d’un espoir collectif.

Au moment où l’Union Européenne signe des accords de libre échange avec le Canada et bientôt avec les USA, nous vous proposons un dossier qui, je l’espère, vous permettra d’appréhender une autre voie, une piste beaucoup plus sinueuse et diversifiée, déjà tracée par une multitude d’expériences et de réussites locales.
Il paraît difficile aujourd’hui d’éviter qu’une partie de nos contemporains européens retrouvent bientôt dans leurs assiettes du bœuf aux hormones bourré d’OGM. Il est tout autant difficile d’imaginer que cette situation puisse perdurer. Basé uniquement sur des espoirs de croissance économique, concocté dans l’opacité par les administrateurs de la finance internationale, loin des volontés populaires, ce type d’accords ne passe plus. L’opinion publique n’en veut plus?! Chacun peut comprendre aujourd’hui, s’il cherche un peu – et les moyens à notre disposition sont nombreux pour cela – que l’avenir ne pourra être fait de la multiplication exponentielle des échanges matériels ni de la consommation croissante d’une humanité en expansion. La Terre ne pourra pas assouvir les besoins créés par la nouvelle économie mondiale?: les matières premières en raréfaction, l’énergie de plus en plus chère et polluante, le réchauffement climatique hors de contrôle, tout nous montre que la fin d’une époque approche. Les désordres sociaux insoutenables liés à la croissance rapide des inégalités dans toutes les parties du monde ne pourront être jugulés sans un changement fondamental de notre pensée et de notre façon de ressentir et d’agir. Chacun sent qu’il est temps de changer de cap, mais frilosité et risque de l’inconnu nous font attendre, et attendre encore?: le monde est entré en procrastination continue. Le changement fait peur et nous continuons à «?profiter?» d’un système que l’on sait condamné.

Certes, changer les institutions, les règlements (et tout le système normatif mis en place pour protéger les intérêts liés à l’argent) est un travail de fond indispensable à un véritable changement?; mais comment avancer avec ces politiques qui gardent les yeux rivés les uns sur le calendrier électoral, les autres sur l’échiquier de la compétitivité mondiale, tous recourant aux fausses promesses pour nous faire avaler leurs couleuvres??
Ce sont les initiatives privées, citoyennes, associatives, les réseaux sociaux se développant grâce aux nouvelles technologies de l’information qui commencent à miner les fondements de la logique expansionniste libérale, que l’on croyait éternelle et immuable.

C’est par la multiplication des actions s’immisçant dans les failles législatives ou carrément effectuées en dehors du cadre réglementaire – même s’il faut prendre des risques pour cela – que nous pouvons multiplier les chances de remettre la machine sur la bonne voie, celle de la solidarité, de l’attention primordiale accordée à l’humain et à l’ensemble du vivant, celle du partage des ressources et de la connaissance.

Bonne lecture,